Joël Bernat
Une approche critique de la pensée de
l’« homme Freud », ou l’effet de l’équation
personnelle dans la théorisation
Introduction
«
Tout est en pièces, sans plus de
cohérence,
Tout n’est que matériel, et tout est
réel. »
John
Donne
[1]
« Apprendre, c’est se
ressouvenir. »
Socrate à
Menon
[2]
« L’homme est une femme comme les
autres. »
Groucho Marx
La longue pérégrination de trois ans sur
l’océan des théories sur la sexualité humaine,
de l’Antiquité grecque au XXè siècle, nous
a offert de récolter quelques outils qui vont nous permettre
d’entreprendre une nouvelle expédition, mais cette fois-ci de
façon critique, sur l’océan nouveau, au
XXè siècle, des théories psychanalytiques - et
sexuelles - sur la sexualité humaine.
De façon
critique : il me faut m’expliquer sur cette expression et
l’intention qu’elle recèle. Il ne s’agit pas de raisonner des raisonnements avec des contre-arguments, des contre-investissements, ce qui ne ferait qu’ajouter du
raisonnement, et rien de plus. Ni de théoriser les théories
existantes, entre-gloser, ce qui ne ferait qu’une théorie de plus,
fut-elle méta, sorte de vêture ou d’astuce qui masque
trop souvent son intention refoulante. Ni de les balayer toutes, ce qui
sous-entendrait que je suis bien meilleur que mes prédécesseurs et
que j’en détiendrais une bien bonne, de théorie... et que je
suis donc bien plus malin ou éclairé, c’est-à-dire
peut-être bien : paranoïaque ! C’est un
risque.
De plus, rien ne peut permettre de soutenir qu’une
théorie, parce qu’elle serait à la mode, bien
médiatisée ou signée par une
célébrité, eh bien, ce serait la bonne !, ce que le
moi du théoricien, allié à son narcissisme, peut toujours
espérer et viser, pire s’il en a la conviction : pour
le dire vite, tout ceci ne serait en fait que le signe d’un refoulement
à l’œuvre. Et ce n’est pas parce qu’une
thèse est partagée par un grand nombre de personnes qu’elle
n’est pas justement refoulante ! C’est peut-être bien
toujours l’inverse : là où il y a succès, ce
n’est pas toujours celui de la lumière et de
l’éclaircissement[3],
mais bien souvent celui du refoulement.
Car, n’oublions pas une forme
d’axiome fondamental, et de piège principal : le
raisonnement du moi s’empare du sexe pour produire du sexuel, dans l’espoir d’une con-fusion pour une
conviction, celle d’une équation : sexuel = sexe
(c’est-à-dire que le psychique correspondrait au somatique), sur la
base de l’illusion de la toute-puissance magique des mots. Mais
sur la base aussi de ce qu’il faut bien reconnaître comme une sorte
d’exigence interne et propre au moi, une sorte de nécessité
de nommer, de donner forme, c’est-à-dire de cadrer les choses,
nécessité redoublée dans les cultures monothéistes.
En effet, ce sont les dieux monothéistes qui ordonnent à
l’homme de nommer les plantes, les animaux, etc. Les dieux n’ont
fait que l’acte de
création[4]. Ainsi, par le Verbe, l’homme maîtrisera toute la création et la
dominera. En oubliant d’une part que le mot, aussi fin et précis
soit-il, n’est pas la chose, et que d’autre part, le mot offre
l’illusion de remplacer ou de tuer la chose, ce qui satisfait bien
certaines exigences moïques. L’urgence à interpréter
qui est propre au moi (comme défense contre ses détresses)
n’est plus, me semble-t-il, à démontrer.
Confusion il est vrai fondamentale et difficile à éviter,
qui donne à croire que du verbal pourrait représenter (au sens de vorstellen) du corporel en évitant tout les pièges du vertreten... Cette dimension vertreten / vorstellen est
centrale : une belle illustration est donnée par la gravure de
Dürer intitulée Perspective II.
_____________________________
Albrecht
Dürer, Perspective II.
(Aussi élaborée que soit la
représentation, elle ne sera jamais la chose...)
La représentation de mot ne sera jamais la représentation de
chose : un herbier aussi parfait soit-il ne nous restituera jamais son
paysage d’origine. L’oubli de cette opposition dans le processus de
représentation – ou le refus de ce deuil – est la source de
la
conviction, qui et que côtoie trop souvent le
paranoïaque... car l’on passe vite du sentiment interne de conviction
à l’idée de vérité (qui est une sorte
d’hallucinatoire).
Notre projet est plus irraisonné que cela,
ou plus fou – fou au sens de
dé-lié ou
dé-lirer si vous voulez, mais au sens latin de « sortir
du sillon », ce qui me plaît bien, sortir du sillon des lectures
et commentaires en vigueur, du sillon des entre-gloses - ; et du coup,
notre projet est plus ambitieux dans la mesure où je ne sais toujours pas
où nous allons, sinon que nous y allons...
Notre projet – et
je dis
notre parce que c’est bien avec vous, puisque ce voyage
n’existe que par votre présence et son action sur moi – est
donc d’utiliser les outils récoltés lors du
précédent voyage, en les incluant dans la méthode
psychanalytique, sans tomber dans l’impasse de la
psychanalyse
appliquée, impasse qui nous guette puisque nous ne sommes pas du tout
dans une situation psychanalytique – il n’y a pas de patient ni de
transfert, sinon le nôtre. Qui plus est, faire de la
psychanalyse
appliquée est bien facile mais néanmoins du côté
d’une conviction paranoïaque : j’ai la clef, la
vérité ou le système exact, et je l’applique au monde
transformé en serrure
[5]... et
je vais vous dire la vérité ! Eh bien non, je vais vous
décevoir.
Alors, comment va-t-on s’y prendre ?
...
Je vous disais que nous avions récoltés quelques
outils. Pour rappel :
1 - nous avons vu qu’il y a des
catégories de pensées
pré-déterminées,
et
pré-déterminantes, qui s’imposent
d’elles-mêmes ou comme « allant de soi »,
dès que l’on aborde la question de la sexualité, que ce
soient des catégories de contenus ou de liens de causalité, de
logiques. Ces catégories produisent une
prêt-à-penser, une sorte de réseau
d’ornières dont ensuite on a le plus grand mal à
s’extraire : au point que parfois la théorisation n’est
plus que la tentative de s’extraire du prédéterminé
ou du
pré-cuit comme a pu dire Freud. Ces catégories ont un
réel pouvoir hypnotique – Jean-François Lyotard avait
créé la belle expression de
fonction hypnotique de la forme – sur la pensée et souvent à l’insu du penseur :
notons que la psychanalyse s’intéresse fort peu à
l’analyse de ses propres modes de pensées... Ces catégories
ont néanmoins une histoire, toujours la même : une
pensée née d’un humain, qu’il a pu appliquer par la
force, celle de la loi, des armes ou de la Science, qui est transmise ensuite
sous forme de morale par la littérature, les arts ou la médecine,
au point de devenir
vérité scientifique ou pire, de
façon perverse, vérité dite
naturelle. Ces formes
orientent et les possibilités de
perception (souvenez-vous de la
sidérante redécouverte du clitoris au XV
e siècle) et les possibilités de
représentation. Ces
formes les plus connues sont ainsi :
masculin/
féminin,
masculinité/
féminité,
actif/
passif,
homme / femme, etc. ; ces formes, que
nous dirons
externes, dans la mesure où elles nous sont
livrées avec notre culture, c’est-à-dire avec le langage
(qui transmet ainsi des liens de causalité tout faits, soit une forme de
phylogénétique), composent les modes de penser
(
opsis[6]), liés
à un contexte socioculturel et géographique, à une
époque (mais peut-on échapper à son
siècle ?)
[7] ;
2 – il y a
à différencier de cette catégorie de formes quelque chose
d’
interne, d’individuel (et
d’ontogénétique dans la mesure où cela est lié
à une histoire personnelle), une catégorie de formes uniques et
non plus collectives telles qu’elles se présentent dans les
théories sexuelles infantiles et les
fantasmes (lieux
psychiques où ces deux catégories de formes se
mêlent) ; ces formes propres ont une fonction défensive
contres certaines perceptions ou représentations, mais aussi, pour
d’autres, la fonction de re-présenter quelque chose, et ne cessent
d’être élaborées toute la vie psychique, passant de la
forme fantasmatique à la forme plus abstraire de la théorie, ou
encore passant de théories sexuelles infantiles à celle de
théories sexuelles adultes : soit de l’hallucinatoire à
l’imaginaire puis au cognitif (mouvement tel celui de
l’assèchement d’un
Zuiderzee de
l’affect).
Évidemment, cette découpe étant
artificielle, il s’agit de s’intéresser au mixage, à
la liaison de ces deux dimensions. Cela rejoint des questions que l’on
peut se poser quant à nos patients :
- a-t-il
élaboré lui-même ce qu’il (me) dit ?
- ou
bien est-ce le récit de quelque chose sous l’influence duquel il se
présente, c’est-à-dire une forme
« héritée »
[8] ?
-
et donc de son conflit interne entre ces deux
registres
[9] ?
Ce sont
donc nos deux principaux outils qui vont donc composer notre
approche
critique, afin de relever, autant qu’il nous est possible, le
jeu
des équations personnelles dans les théorisations, en
appliquer la méthode analytique à la théorie comme
symptôme du moi
[10] ou comme
théorie du sujet ainsi que Fédida dénommait le
symptôme. Soit un travail de
déliaison de certaines
constructions. Car c’est bien à un travail de
déconstruction des
discours (massifiant) que nous allons
nous livrer afin de créer un
espace où va pouvoir se faire
entendre une
parole, celle de l’individu, dans une réception
qui se voudrait la plus vierge possible – c’est un idéal -,
virginité de nos systèmes perception-conscience.
S’il y a un aspect du travail de Freud, de son parcours, qui
est fort critiquable, nous le savons, c’est celui qui concerne ce
qu’il est convenu de nommer : la
sexualité
féminine. Voilà une convention et un usage qui font
d’emblée question, puisque l’on ne sait si l’on parle
de la
sexualité de la femme ou d’un aspect de la
sexualité des deux sexes selon la bisexualité psychique,
définie comme
position passive. Notons la question et laissons la
flotter pour l’instant.
On pourrait bien sûr, pour sa
défense s’il en est besoin, accorder à Freud qu’une
vie humaine ne pouvait suffire à éclairer le champ de la vie
psychique. Ce qui est une évidence, aussi génial soit-il
supposé. Et ce qui indiquerait que c’est bien à nous de
poursuivre selon la méthode qu’il a initié.
On
pourrait, selon d’autres, dire qu’il avait de mauvais outils pour
saisir et explorer le matériau que lui offrait ses patientes. Ce qui
sous-entend que nous, eh bien, on serait mieux équipé. Je reste
assez sceptique face à une telle affirmation, et pour n’en indiquer
qu’une raison, il suffit d’être un peu conscient de
l’histoire des idées pour admettre, face à cet argument qui
n’a rien de nouveau, qu’il y a là une prétention et
donc un fantasme. Nous y reviendrons.
Nous pourrions avancer, avec un peu
plus de justesse, peut-être, que l’homme Freud, comme tout un
chacun, était « prisonnier » de son époque,
c’est-à-dire une contexte composé, tissé
d’éléments socioculturels, moraux, géographiques,
etc., et que, malgré sa prudence, certains de ces éléments
influaient ses perceptions des phénomènes, ou bien leur
élaboration théorique. Aspect dont nous-mêmes ne sommes pas
exempts. Mais peut-on s’exiler de son contexte ?
Dans ce fil, on
pourrait dire, avec les féministes, que Freud perpétuait,
consciemment ou non, la bourgeoise morale machiste de son temps, ce que les
biographies viennent accréditer, quant à, par exemple, la
façon de fonctionner de l’homme Freud dans et avec sa famille
notamment les femmes et ses filles. D’autant qu’il le reconnaissait
en partie.
Mais ce serait faire l’impasse, c’est-à-dire
refouler l’écart, la différence de position psychique entre
l’homme Freud et le savant Freud, ou écart entre la famille et le
cabinet, même si ces fonctionnements se mêlent parfois dans le
théorique.
On pourrait, avec d’autres, dire que la
théorie de Freud, et partant de là, la théorie
psychanalytique, n’est que la névrose de Freud. Argument qui se
veut radical. Alors, soyons généreux et disons :
« oui ». Mais un « oui » qui est valable
pour toute théorie – quand elle n’est pas psychotique ou
perverse – qu’elle soit psychanalytique ou non. Car c’est le
risque à prendre en compte, dont, pour s’en sortir, nous
n’aurions que l’
épreuve de réalité,
c’est-à-dire entre autre, l’évolution des patients,
pour infirmer ou confirmer des éléments de la psychanalyse. De
plus, cet argument de la névrose de Freud nous semble massif et donc
suspect : envisageons
a priori qu’il y a de la névrose
et de la réalité conquise et acceptons ce que Freud indique
souvent comme méthode : aux autres analystes de dire s’ils
retrouvent ou non ce qu’il a avancé.
Certaines critiques
encore plus radicales s’emparent de ce point en affirmant que Freud
– et donc la psychanalyse – n’a jamais guéri quiconque.
Je n’entrerais pas dans ce débat pour faire jouir ces critiques, je
me contenterais de rapporter un fait, vérifiable, et qui me suffit :
avant Freud, les hystériques étaient internés. Plus
aujourd’hui. Il a du se passer quelque chose, quand même...
Un
autre aspect serait de soutenir, avec d’autres, qu’il y aurait
à faire la psychanalyse de Freud en transformant son écrit en
parole de patient. C’est-à-dire faire de la psychanalyse
appliquée avec cet énorme avantage, qui est un vœu
névrotique, d’échapper à la question du transfert,
puisqu’il n’y a pas de patient, pour infirmer ou confirmer. Voire de
satisfaire au fantasme d’être le père géniteur de son
père...
Toutes ces positions critiques ou manipulatoires ont un
point commun : elles font l’impasse sur l’approche diachronique
de la pensée de Freud, position très économique et qui fait
courir le risque, en tronçonnant le texte, prélevant un petit
morceau par-ci par-là, de ne satisfaire que son équation
personnelle
[11]. Puis on glose et
entre-glose sur le morceau, ce qui n’est pas très sérieux ou
honnête, même si cela se justifie du terme de
méthodologie.
Alors ?
Tout d’abord, nous
allons tenter de relever le
jeu des équations personnelles chez
Freud, sans pour autant faire la psychanalyse de cet homme puisqu’il
n’est pas là et ne le demande pas, et puisqu’il ne me semble
pas que la psychanalyse appliquée puisse vraiment exister. Alors,
quoi ? Soyons ambitieux et visons quelque chose que l’on souhaite
« sérieux »... :
- ainsi que Freud
lui-même nous y invite, il y a à faire la part entre ce qui est
théorisé et l’expérience clinique :
retrouve-t-on dans cette dernière ce qui est théorisé,
construit ? Ou non ? ;
- puis relever le jeu des
préférences pulsionnelles, c’est-à-dire de
l’élaboration secondaire des fantasmes et des théories
sexuelles infantiles, soit, dit en d’autres termes, tenter de relever le
but inconscient des théorisations, ce qui est très
ambitieux... ;
- c’est-à-dire, tenter de faire une
épreuve de la réalité (donc quelque chose de
très différent d’une interprétation ou d’une
psychanalyse appliquée) : ce qui s’applique aussi bien
à Freud qu’aux successeurs et qu’à nous-mêmes.
Mais quelle réalité ? Celle de la
clinique ?
Il ne s’agit surtout pas d’expliquer
l’
œuvre par la
biographie comme cela est souvent le
cas : il y a là une utopie fréquente, qui ferait croire
à l’adéquation d’un événement
vécu et de sa représentation pensée, comme si la
pensée ou l’œuvre naissait directement d’un type
d’événement ou de
situation
[12]. C’est
très linéaire et logique, donc très économique mais
cela efface d’un coup un aspect central de la vie psychique : en
effet, tout y est sans cesse repris, réélaboré,
remanié, et même un souvenir n’est qu’une
représentation (repensons à l’histoire des commis chez
Emma). Ainsi que nous l’avons vu l’an passé, la biographie a
souvent à voir avec le
roman familial ou la
belle histoire,
c’est-à-dire quelque chose au service de l’équation
personnelle du biographe : c’est pour cela que l’on se retrouve
avec une ribambelle de Freud dans laquelle nous serions invité à
choisir lequel nous arrange
pulsionnellement
[13]...
D’ailleurs, Freud eut cette petite phrase, sur ce sujet :
«
Qui devient biographe s’astreint à mentir,
à dissimuler, à embellir et même à cacher son propre «
manque de compréhension, car on ne peut pas
posséder la vérité biographique et celui qui la
posséderait «
ne pourrait s’en servir. Dire la
vérité est une chose impraticable, l’humanité
n’en est pas
digne. »
[14]
Je
vous laisse méditer la dernière phrase !
De même,
est tout aussi utopique le recours au
contexte, que l’on pourrait
comprendre ou circonscrire par la seule force de la pensée alors que nous
n’en avons pas l’expérience vécue
(
Erlebnis) : le recours au contexte vient ici comme illusion de
puissance.
Autre écueil, enfin, celui de
l’
adhésion : on ne peut pas aborder un auteur de
façon critique avec l’outil d’un autre auteur ou d’une
autre théorie (Heisenberg l’a montré),
c’est-à-dire un abord de l’extérieur, avec un arsenal
externe appliqué à une théorie. Cela ne sert pas à
grand-chose. C’est donc de l’intérieur, avec les termes
propres de l’auteur, et en tentant de saisir le mouvement interne de
l’homme ou de la femme qui pense, que l’on pourrait accéder
à quelque chose. C’est-à-dire apprendre la langue même
du penseur, ainsi que nous le faisons avec chaque patient. C’est tenter de
relever des fils, ceux qui trament une pensée, les fameux fils rouges que
l’on pourrait suivre tout au long de l’œuvre, tels des lignes
de force.
Cela est bien beau, car cela n’exclut pas que des formes
a priori fonctionnent en moi, à mon insu... j’espère
que vous me le ferez savoir !
Il reste une dernière difficulté, la plus importante,
et je m’arrêterais avec celle-là, rassurez-vous... Mais elle
est de taille, et si j’étais d’une absolue
honnêteté intellectuelle, ou pas névrosé,
névrotique du tout, je m’arrêterais définitivement
ici...
[1] John Donne (1611),
« L’anniversaire » in
Anatomie du monde.
[2] Platon,
Menon,
Garnier-Flammarion, 1967.
[3] Lumières au sens de
Aufklärung, terme qui signifie aussi dans la langue populaire
allemande, « éclaircissements sur la
sexualité ».
[4] N’oublions pas que
l’homme a créé Dieu à son image. Ce qui fit dire
à Xénophane : « Si un bœuf pouvait peindre,
son dieu ressemblerait à un bœuf » (Fragment 15).
[5] Métaphore
utilisée par Jean-Pierre Vernant contre les psychanalystes qui
interprétaient les mythes grecs à leur sauce. Voir Nicole Loraux,
« L’interférence tragique »,
Critique,
n° 317, 1973, Éditions de Minuit.
[6] À ce sujet, voir
Joël Bernat,
Transfert et pensée, L’esprit du temps,
2001.
[7] Pensons, pour exemple,
à la forme évolutive des symptômes hystériques.
C’est toute la question du contexte.
[8] Voir Viktor Tausk,
« De la genèse de "l’appareil à influencer" au
cours de la schizophrénie », in
Œuvres
psychanalytiques, Payot 1976.
[9] Comme la phobie peut en
être la scène psychique.
[10] Si la théorie est
un symptôme nécessaire, cela n’est valable qu’à
l’expresse condition qu’il soit transitoire ou auxiliaire, ce qui
exclut toute tentative de fixation (théorique).
[11] Et même si
l’on est une vedette, cela n’y change rien : pour exemple, ne
craignons pas de citer Derrida et
La carte postale. De Socrate à Freud
et au-delà, Flammarion, 1980, où ce principe est
érigé en système au service d’une conclusion
affirmée d’emblée...
[12] C’est-à-dire
qu’ici nous retrouvons la croyance qu’un mot est une chose,
redoublée du fait que dans ce cas, l’événement est
traité
comme si il était une chose en soi, et non pas
déjà une représentation qui est déjà une
interprétation.
[13] Selon, par exemple, nos
fantasmes de filiation, ou encore le transfert de notre histoire familiale et
œdipienne, etc.
[14] Freud à Arnold
Zweig, lettre du 31/04/1936 in
Correspondance Freud - A. Zweig,
1927-1939, Paris, Gallimard 1973.
[15] Appartenance en
opposition à ce que serait une adhésion par
identité : la première répète et
transfère une histoire œdipienne, la seconde serait du
côté de ce que Freud indiquait en termes d’
identité
de perception et
identité de pensée.