psychanalyse.lu

Raymond Leroux

Réponse à 'La désuétude de l'âme'



Il y avait à dire une bonne fois quelque chose contre certaines fausses alternatives qu’on feint d’offrir à notre ”libre” choix. La plus voyante: ou bien vous êtes ”scientifique”, ou bien vous dites n’importe quoi.
Qui n’a pas l’expérience des déjections verbales de plusieurs ”scientifiques”, la plupart autoproclamés tels, certains pourtant qui sont des ”vrais”, mais qui se croient, hélas, forcés à se ”positionner” dans la ”science-spectacle” afin de lutter contre des ”impostures”? Le slogan ”anything goes” fait-il tellement peur ?
Des fois, dans ce même contexte, on assiste à la venue d’un sublime Messie, qui sauve d’un mot toute l’humanité pécheresse y compris les ”new age”, les ”art-thérapeutes”, et les psy de toute obédience, exception faite juste pour les irrécupérables ”sceptiques” et ”relativistes. Le mot magique n’est pas ”hoc est corpus meum”, mais: ”ETHIQUE”. Avec un zeste d’”éthique”, toute la science-spectacle, les délirants amalgames ”new age”, la ”Diskursethik”, et jusqu’aux FREUD et LACAN, ça se fait buvable, tout le monde (sauf les relativistes) devient ”démocrate”, gentil et consensuel! Je dis: la promotion de ce qu’ils daignent appeler ”éthique” est une partie essentielle des fausses alternatives que l’auteur dénonce!
L’auteur affirme qu’on nous prépare un ”immense bonheur” basé sur la ”santé” ( la ”pleine forme”, qu’ils disent). Qui donc prendra goût à ce genre de ”fascisme libéral doux”? Je proposerais, cyniquement, de profiter de quelques possibilités qu’ouvre la recherche scientifique quand elle ne fait pas (trop) de ”spectacle” ni ne s’engage dans des polémiques idiotes (mais médiatisées), ni enfin, ne monte des colloques internationaux ”prestigieux”. Même les ”vrais” scientifiques (il y en a!) risquent de donner dans les panneaux de la ”science-spectacle”, mais il y a malgré tout parfois des choses de leur cru dont même si l’on se meut au niveau du gros bon sens on peut tirer profit. C’est ça, et ça seulement, que je voudrais rappeler. Quant à moi, j’ai totalement renoncé à ”discuter” oralement, même avec des scientifiques ”vrais”. Ce que nous voulons faire n’est pas une extension de la ”discussion” déjà omniprésente.

• Commençons par le plus trivial: je n’ai, dans la suite, d’autre défense contre d’obligatoires trivialités à simplement rappeler que la tactique d’utiliser pour cela l’italique. La première trivialité part de la déclaration comme quoi, même ”sachant” (de science plus ou moins certaine) que le tabac nuit à la santé, personne jamais n’aurait cessé de fumer, déclaration à quoi j’oppose simplement mon exemple à moi. Ce qui m’a motivé, c’est que je crois ceci: les recherches sur la nocivité du tabac ont donné lieu à un savoir (sens du terme à préciser!) assez sûr, bien établi, utile (= profitable) et donc, en quelque sens du terme à mieux cerner par d’autres que moi, : vrai. Maintenant, on aura beau signaler qu’il y a là l’exemple d’un ”savoir” qui n’a rien de ”scientifique”, ”savoir” pour lequel la transmission sous forme de discours des laboratoires (destinateurs!) à moi non-scientifique (destinataire!) est un élément essentiel, ”savoir” peut-être ”utile” puisque je l’”utilise”, mais qu’on ne saurait dire ”vrai” dans le même sens qu’un théorème de la géométrie euclidienne l’est dans son contexte. A cela j’oppose ceci: Je persiste à croire qu’il y a ce qu’AUSTIN a appelé la ”simple truth”, je soutiens que ni l’homme de la rue ni moi ne nous laisserons brutaliser par des HEGEL, HEIDEGGER ou autres LACAN au point de nous convaincre que la ”Vérité” soit trop sublime pour que jamais nous y atteignions, et que ladite très réelle ”simple truth” se révèle ”immédiatement pratique”. Et, ”Anmerkung für Esel” comme dirait NIETZSCHE, loin de nous l’idée de nier qu’il y ait des ”impostures”. Veut-on un exemple caricatural? Tel voit un grave problème philosophique dans la prétendue impossibilité d’écrire une grammaire française en français! Dans cette situation, au philosophe (et à personne d’autre!) incombent une foule de tâches qui viseraient à ce que l’homme de la rue apprenne à distinguer le bon grain ”scientifique” – p.ex. en médecine- de l’ivraie médiatisée et spectacularisée dont surtout des ”psychologues” font leur choux gras. De ces tâches, voici des exemples: j’ai dit ”je crois que...”: la tâche consiste à analyser lesattitudes propositionnelles”; les anglophones ont tenté d’englober dans cette notion jusqu’à certains ”désirs”... J’ai dit ”assez sûr” et ”bien établi”: c’est, sans doute, aussi un problème de discours, c’est à dire de ce qui fait sens, mais là nous avons de nouveau à analyser d’abord, sans usurper quelque autorité, sans préjuger d’être déjà en possession d’un critère sûr. J’ai dit enfin ”vrai” : la ”simple truth” est à analyser sous tous les points de vue, aussi, bien sûr (mais pas exclusivement) au titre d’”effet de sens” (la vérité est aussi effet de sens!), et je préférerais que ça se fît sans qu’on lorgne vers les ridicules ”théories” philosophiques de ”la” vérité”. Sous quelque forme que ce soit, au moins le ”vrai”, quand on y pense, nous fait buter contre une limite certaine: ça n’a pas de degrés, ça n’a pas de ”plus ou moins”... Et le filon de recherche promettant d’être le plus fructueux me paraît être celui des ”jeux de langage” wittgensteiniens. On peut exprimer la même trivialité que ci-dessus autrement: les signifiants /vrai/, /faux/, /vérité/, /erreur/, et apparentés, appartiennent incontestablement à la langue ordinaire, et, là, ma foi, cela n’a pas l’air de fonctionner trop mal; prière d’en tenir un juste compte! Par là même il aura été dit ce qu’il convient quant à la grandissime coupure qu’on sent se profiler à l’arrière-fond, cet arrière-fond s’appelant ”sciences”. C’est la différence entre d’une part les sciences dites ”dures” (objectivistes, voire ”positivistes”... que sais-je? ...) et d’autre part les sciences dites ”humaines” ou ”du sens”. Je dis simplement que cette distinction est tout ce qu’il y a de plus utile, utile entendez pratiquement, ni moins, ni plus! Il ne faut en aucun cas compromettre l’utilité de la distinction en la hissant sur un pavois métaphysique ou ontologique, après quoi il serait trop facile de ”raisonner” là-dessus à la germanique: ”Ah, c’est comme ça? Donc ce que disent les sciences humaines, ce c’est pas ”vrai” ou pas ”vraiment vrai”? Et ce que disent les sciences dures, c’est partout et toujours hors sens? Est-ce que ce qu’on dit du ”sens” n’est pas ”vrai”, ni ce qui est ”vrai” ”sensé”? Et ainsi de suite... Soit dit une fois pour toutes et sans fioritures: par ”sciences dures” j’entends, en accord avec le gros bon sens: les mathématiques, la physique et la chimie. L’objectif des manoeuvres en style ”germanique-transcendentaliste” dont on vient de parler, c’est évidemment celui de se planquer en ”philosophie académique” en faisant l’économie de tout regard sur toutes les sciences, tous les ”savoirs”..., et donc sur tous les faits quels qu’ils soient: on se spécialisera en ”justifications” et en ”éthique”! Quoi qu’il en soit: si les tâches qu’on vient d’assigner à la philosophie sont sérieuses, il se posera avant tout le problème d’une transmission discursive des résultats de ces recherches, transmission qui, si elle doit aboutir, devra nécessairement prendre la forme d’un en-deçà de la philosophie ”technique” sans se confondre avec le blabla journalistique, lieu de toutes les ”impostures” ou autres ”thérapies”....

• Continuons en évocant ZIZEK. Un texte de lui veut ”détourner”, au profit (apparemment) de la seule psychanalyse lacanienne, ce qu’il considère à juste titre (quoiqu’à mots couverts) comme une banalité philosophique, soit la distinction entre ”savoir objectivant inauthentique (”inauthentic” objectifying knowledge) qui ne tient aucun compte de la position d’énonciation du sujet” (”su”), et la vérité ”authentique” qui serait ”existentially engaged, affected”. C’est ”standard” dit-il, c’est une banalité, dis-je, dont pourtant le premier LACAN avec son insistance sur la ”parole pleine” et la prosopopée de la Vérité (dans les ”Ecrits”) n’est pas très éloigné. Ladite banalité acceptée sans critique peut cependant avoir des effets autres que simplement comiques (ça y est, gueule le Napoléon scientiste, ici les ”faits” solides et ”scientifiquement établis”, là le sens! A mon commandement, feu à volonté!), tant qu’elle reproduit précisément en l’”ontologisant” la distinction tranchée dont on vient de parler. Le danger est d’introduire en tant que non-analysé (voire non-analysable!) plusieurs ”étants” dont un ”su” que finalement on aura en dépit de toute la masquerade dont on l’affuble simplement présupposé. On appelle cela une pétition de principe. Cela serait-il dû au fait qu’on se coupe complètement de la ”simple truth”? Nous allons voir de suite quel est l’intéressant ”détournement” opéré par ZIZEK. Auparavant, disons un mot de l’historicité!

• Curieusement, il semblerait ailleurs que, précisément parce qu’on est trop pressé de passer du prétendu ”savoir” (pur, théorique, en fait purifié et réduit au squelette abstrait ...) à la ”pratique” (pour l’occasion baptisée ”application”), on en arrive à la fois à un déni complet et du ”su”, et du ”sens”, et de l’histoire, laquelle, dans cette désastreuse démarche, finit par n’être plus que le catalogue des ”erreurs” du passé opposées à tout ce que ”nous” (le grand Narcisse ”académique”!), maintenant, ”savons”. Il est, disons-nous, parfaitement légitime d’aimer la logique, les mathématiques et, plus généralement, cette part qui, au sein des sciences ”dures” et même de certaines autres et même, pourquoi pas?, du discours en général, fait le squelette formel, pouvant être l’objet de recherches particulières sous forme d’enquêtes sur les systèmes formels (sans qu’on lorgne vers des ”modèles”), il est même légitime de souligner qu’il y a une part tant à l’intérieur des discours proprement scientifiques que dans une théorie du discours en général où il n’y a strictement rien à ”comprendre”. Oui, en fait, même dans le champ du ”discours”, le ”sens” n’a pas le don d’ubiquité! Mais il n’y a pas lieu de laisser simplement tomber la coupure que, dans les paragraphes précédents, nous avons qualifiée d’utile ! Et LACAN n’a pas tort de déclarer que le sens – qui, répétons-le, n’est pas partout! - naît du non-sens (il aurait peut-être dû admettre que ledit sens sans doute ”naît” souvent, mais parfois est ”mis dedans” – ”hineingelegt” – et que, s’il ”naît”, il a peut-être plus d’une façon de ce... comment dire? ”faire” ... ou si vous préférez: ”de se faire”)... Nous proposerions pour les intéressés à ce genre de recherches d’utiliser ce qui se développe à partir d’une phénoménologie retournant à HUSSERL sans passer par la voie de garage qui a nom ”HEIDEGGER”. Il n’y a pas lieu de, brutalement, dénier tout ”su” ni de dénier l’histoire. Il y a lieu seulement de ne pas plaquer sur le matériel de l’histoire un ”sens” global préconçu qu’on retrouvera, miraculeusement, dans tous les détails. Coup d’oeil sur l’histoire de ce mouvement qu’on accuse (à tort, pensons-nous) d’avoir opéré ces dénégations, le ”positivisme logique” ou l’”Analysis”. Les seuls coupables, ce sont quelques épigones tardifs. Le ”positivisme logique” a, selon nous, connu 3 phases (les ”phases” ne sont pas des ”époques” qui se succéderaient!) : à l’apogée du mouvement, le ”meilleur” provient, à notre avis, des polémiques (très furieuses, et ce fut tant mieux!) autour du critère néopositiviste de sens (”meaning”), critère défendu avec autant d’acharnement qu’il fut combattu, à savoir : ”the meaning of X ...( ils n’ont pas, et c’est encore tant mieux, fait l’unanimité autour du porteur possible de ce ”sens”: ”proposition”, ”phrase déclarative”, ”sentence”, assertion...) ... is the method of its verification”. Une seconde phase figea d’apparents ”résultats” en ”épistémologies” prônées dogmatiquement sans le moindre humour; principal mérite: les explorations de ce qu’on appelait ”attitudes propositionnelles” (ou ”cognitives”). Une dernière phase mérite peut-être qu’on y voie la ”fossilisation” ou – métaphore tirée de la peinture! – l’”académisme”.

• Temps d’en revenir au ”détournement” qui est l’oeuvre de ZIZEK! Son idée consiste à opposer diamétralement ”interprétation” à ”construction”, comme ceci: une ”interprétation”, ”always embedded in the intersubjective dialectic of recognition...”, viserait à produire des effets de vérité que le su (ici: l’analysand!) ”assumerait”; une ”construction”, par contre, (celle du fantasme fondamental e.a.) est par définition ”non-subjectivable” encore qu’elle visât justement l’être du su (le ”tat twam asi” védique et schopenhauérien!), requérant pour s’assumer une ”désubjectivation”. Il en résulte qu’une ”construction” serait de l’ordre d’un ”savoir” en principe ”acéphale” (sans ”tête”, soit sans su en position d’énonciation) donc impliquant ”no inherent relation to truth” ni ”subjective position of enunciation”. Et ZIZEK d’évoquer comme exemple de ce genre de savoir sans sujet ce que la psychanalyse énonce comme tournant autour de la ”pulsion”. Puis le philosophe slovénien va jusqu’à voir derrière le désir de la science (qui en effet tendrait vers l’”acéphale” et le ”savoir sans su”) la pulsion de mort. Le tout pour aboutir à ce qui paraît une bien scolastique ”analogie de proportionnalité” : désir / pulsion = vérité / savoir (”desire / drive = truth / knowledge”) . Nous pensons qu’il y aurait abus à pousser trop cette ”analogie”, et qu’en fait l’objectif est une ”dialectification” de quelque chose de trivial que nous avons déjà relevé, soit le fait qu’en certaines sciences tant dures qu’”humaines” il y a des parts où proprement il n’y a rien à ”comprendre” ni à ”interpréter”, où il n’y a nulle ”herméneutique” à faire . Là alors, donc localement, en effet, le discours scientifique se coupe effectivement de ce que nous avons appelé la ”simple truth”, ce qui en revient à l’invitation de chercher en quel autre sens, là, ce discours peut (ou non) prétendre à la vérité. Mais ce n’est pas une raison pour affirmer qu’il ne prétend à nulle vérité du tout, ni d’affirmer témérairement qu’il n’ait jamais, nulle part, quoi que ce soit à voir avec la ”simple vérité”. Les ”constructions” zizekiennes seraient, dans sa logique à lui, non-”vérifiables”, tout au plus ”falsifiables”, donc par principe totalement incapables d’être corrigées ou redressées. Le fâcheux, c’est que, des fois, c’est exactement ça qui se fait! La chose relevée par ZIZEK à propos de la seule psychanalyse peut parfaitement se ”généraliser”, au bénéfice de relativiser (sans la ”dialectifier”: face à cela, nous restons très sceptique!) la grande coupure entre ”sciences dures” et ”sciences du sens”. Nous pouvons, de la sorte, reprendre une formule de notre cru: ZIZEK a introduit une distinction utile.
* Des erreurs qui sont bien davantage que méprises, inadvertances, défauts (défaillances?), manques ?.... Il est sans doute indispensable de rappeler l’apport principal de ceux qu’on dit les grands maîtres du soupçon, cela surtout dans un contexte où le tiède bain-marie du consensualisme démocratisant donne mauvaise presse à tout soupçon qui dérange. La mise en évidence (marxienne p.ex.) du ”fétichisme” dérange très précisément ce qu’on se plaît à prendre pour ... et qui par conséquent apparaît dès l’abord comme... : une donnée immédiate dans l’expérience ordinaire la plus ingénue, le moment où enfin l’on ”voit”. Telle se présente l’autonomie des processus économiques – qui semblent tout ”naturellement” appeler un traitement mathématisant comme si des ”lois” de la sorte étaient inscrits dans le grand livre de la nature, écrit, comme chacun sait, en langage mathématique - . Telle se présente l’objectivité des produits (marchandises d’abord) comme si ça affichait des ”qualités” sur des ”choses”. Bref, oui, il est certes des ”erreurs” qu’on n’évacue qu’en les ”déchiffrant”, des erreurs qui sont bien le contraire de ces quelques tant dénoncés, quoique relativement inoffensifs, ”fantasmes” qui s’interposent entre le ”je” et les ”choses”. Les premières de ces erreurs, les dangereuses que nous baptisons ”erres”, - osons faire le rapprochement! – sont ”soufflées” par un Autre qui est cette fois ”Malin Génie”, ou encore empruntent la prétendue ”objectivité” à quelque apparence transcendentale (”transzendentaler Schein”) nécessaire au su même, ou enfin requièrent la réduction de la fausse immédiateté à quelque médiation occultée. Cela, répétons-le, existe! Pour notre compte, nous ajoutons : tout d’abord, au niveau même du discours le plus courant (dans la suite je l’appellerai ”journalistique”, car ça paraît ô combien ”intelligent!) surgit au moins une de ces ”erres” pour le démasquage de laquelle peut-être il n’est pas nécessaire d’en appeler aux subtilités de DESCARTES, de LACAN, de KANT ou de HEGEL, ni même à FEUERBACH (inventeur de la ”projection”) ni même à FREUD et à ses ”pulsions”, encore que cela s’exprime le mieux moyennant les formules de NIETZSCHE. Il s’agit de la ”corruption” d’une démarche se voulant ou se disant seulement ”cognitive” par l’arrière-fond, situé dans le dos non-protégé, d’une morale dont on ignore activement la généalogie. Que les démarches cognitives aient souvent été ”corrompues” de la sorte par des valuations collectives, cela devrait se savoir au moins depuis HUME et RUSSELL; à cela devrait se trouver remède d’ordinaire moyennant pour commencer un peu de logique élémentaire. Exemple caricatural: ”pensez-vous, demande l’examinateur, qu’il y a des aptitudes qui se transmettent héréditairement?” La candidate répond: ”Oh non, ce ne serait pas démocratique!” Qu’est-ce au juste qui rend une telle réponse possible? L’ennuyeux aujourd’hui, c’est que le discours journalistique a réussi à se mettre à l’abri grâce à une triple démarche: il met à profit le fait que la pratique scientifique n’est pas sans être régie par des exigences ”sui generis” et donc paraît bien ”réglée” ou ”régulée”; en second lieu il (le discours journalistique) aura ”avalé” au préalable la ”fait” incontournable qu’il est au sein de toute situation concrète des exigences dont certaines se présentent comme universelles et inconditionnelles; finalement la forme de l’inconditionnalité-”universalité” est présentée par lui comme la preuve même du bien-fondé (car il ne peut y en avoir d’autre !) d’une telle exigence, et on anabaptise ”éthique” ce qui n’est que morale socialement établie. A la clé: clins d’oeil du ”bon entendeur” aux copains et rigolades à propose de la si ”naïve” science cognitive ou ”cognitiviste”, qui commet, à ce qu’on gémit, le crime de récuser des évidences aussi hurlantes. Le ”on” qui procède ainsi s’est mué sans crier gare en ”nous”! Du même coup, nous – cet autre ”nous”! - relativiserons une distinction ”fondamentale” dans le discours journalistique philosophant, distinction une fois de plus en soi ”utile”, mais figée, là, en un dogme encombrant: explication VS justification. Si, en disant que nous sommes (sommes devenus) ”nous” pour avoir certaines ”idées”, ”valeurs”, certains ”idéaux” ... ”dans le dos ”, on veut faire un pas pour, soit ( 1 ) EXPLIQUER qch, soit ( 2 ) ”JUSTIFIER” qch, au sens que ces deux termes ont d’ordinaire, alors, effectivement, dans les deux cas, c’est d’une ”üble Sprachregelung” qu’il s’agit, puisque ça ne peut aboutir qu’à une grossière tautologie - genre : nous avons les valeurs que nous avons - , ou à une assez comique pétition de principe performative , - genre : NOUS devons (”sollen” ) nous comporter tous et obligatoirement COMME nous LE DEVONS, faute de quoi nous ne SOMMES (pour les bourreaux du langage ordinaire: nous n’”estons” ou n’”êtrons” ...) pas ”nous”. Les explications et justifications ordinaires et courantes (”journalistiques”) sont toutes, sans exception, circulaires. On sait par ailleurs que cercles et pétitions de principe sont parfaitement immunisés contre le froncement de sourcils de Madame la Logique Elémentaire. On va maintenant s’attendre de ma part à un plaidoyer pour des explications ”déviantes” et / ou des ”justifications” qui ne le sont pas moins. Mon cas est pire : d’un côté (côté ”explications”!) scepticisme extrême à l’égard des ”théories de la connaissance” ordinairement admises, courantes et non-déviantes, pour autant que - dans l’ignorance plus ou moins crasse de tout travail effectif des sciences dures - elles prétendent ”journalistiquement” essayer d’expliquer-pour-comprendre leur travail, ou leur discours, en tout ou en partie, ou enseigner à nous, voire à elles (!), ce qui est vraiment ”science” et ce qui est imposture - ce dernier genre de trucs est d’ailleurs parfois produit par des coryphées de ”la” Science elle-même, à leurs moments de relâche. A mon sens le vrai problème est, je le répète, celui de la transmission discursive de considérations ”scientifiques” valables à un ”gros bon sens” se situant en-deçà de la philosophie technique! A l’adresse des tentatives ”journalistiques” de ”justification”: je leur reproche d’être une mixture écoeurante d’idéologie ”humaniste”, de bons sentiments, de consensualisme libéral-démocratique, de métaphysique fumeuse et de mythologie (”état de nature”, ”contrat social” ...) s’affichant comme ”reconstructions théo(rét)iques”. Nulle complaisance pour un discours du genre qui suit - pardon si j’use du style ”petit nègre”! : ” Oui d’accord, moi y en a rien piger à la théorie des quanta ni au fonctionnement d’un accélérateur de particules : c’est vos oignons à vous! Mais moi y en a spécialiste diplômé des ”justifications”, moi y en a faire discours très scientifique et universellement incontournable sur droit, politique et ”éthique ”. Y a-t-il un remède? Ce ne sera certainement pas une insistance telle sur ”le” su qu’on en arriverait à restaurer ou le classique su substantiel (de la néoscolastique p.ex.) ou à remettre en place régalienne un su d’énonciation présupposé, dit incontournable, dit ”unhinterfragbar”, dit ”transcendental”: c’est là le lieu même de l’apparence transcendentale; ou encore un su d’énonciation rabattu sur le su d’énoncé: c’est l’effet du refus de radicaliser l’analyse des énoncés en tant que tels. Le remède ne sera pas non plus d’introduire une historicité dotée d’un signifié ”donné”: la démarche est rigoureusement équivalente à telle ou telle des 3 précédentes! Ce ne sera pas non plus l’évacuation sans reste de toute ”expérience”, et par là l’élimination, pour toute démarche cognitive, de la double structure complémentaire du jeu de langage véridictoire et du jeu de langage vérificatoire. Peu importe, finalement, où (”dans” le discours scientifique, ou ”hors” de cela, ou ”à côté”... ) vous situerez ce double jeu typique de la démarche cognitive, et en même temps jeu très courant, quotidien, de ce ”quotidien” qui use à bon escient des termes quotidiens de /vrai/, /faux/, /vérité/, /erreur/. Pour nous est indispensable l’appel à une expérience qui aura évidemment, précaution!, passé par de nécessaires réductions des ”thèses générales” ontologiques implicites. Afin de contrer la ”corruption” des démarches cognitives par ”la” morale, nous nous voyons tenté de recourir au remède chirurgical, soit: spinoziste! Face au(x) désir(s) et à l’incarnation d’iceluy (d’iceux) en préférences pulsionnelles, face à cela il n’y a qu’une chose à ”faire”, qu’une seule ”praxis”, qu’une seule ”éthique” qui jette allègrement toutes ”morales” par-dessus bord: il y a à connaître ces ”choses”, à en faire l’objet d’un savoir (à notre avis, voilà le sens du ”ne pas céder sur son désir” de LACAN), il y a à en cerner la nécessité, cessant par là même d’en pâtir. Il n’y a de raison que théorique; la ”raison pratique” (n’en déplaise à ZIZEK) en tant que distincte de l’autre est une fable. Pour finir, il reste une petite trivialité de plus à rappeler: à côté des quelques ”erres” qui sont à ”déchiffrer”, il y a aussi ces nombreuses autres erreurs banales, quotidiennes justement, dont tous s’accordent à souligner l’occurrence. N’ayez pas peur de prendre l’un ou l’autre exemple d’erreur qui ne soit pas une ”erre”, en matière de science (nous parlerons de génétique dans un moment!) ou p.ex. en matière de criminologie: disons, la cascade d’erreurs (méprises, inadvertances, usage de moyens obsolètes, fixation sur des hypothèses pour ne pas voir des faits,....) qui ont laissé le ”Yorkshire Ripper” (de 1975 à 1978) longtemps en liberté . La chose importante, c’est que quelques considérations théoriques sur les ”erreurs” (ordinaires), une sorte de ”simple error” répondant à la ”simple truth”, compte tenu de ce que la vérité est (aussi) effet de sens et que la ”simple error” ne l’EST pas moins mais sans, par définition, apparaître telle..., que ces considérations que nous persistons à nommer ”triviales”, dis-je, peuvent être simplement transposées dans le domaine des ”erres”, valent donc aussi pour elles! A part les ”maîtres du soupçon”, les philosophes ayant des choses vraiment intéressantes à dire sur l’erreur en général ne sont guère nombreux. Toujours en enchaînant sur les trivialités à rappeler, peut-être pourrions-nous ainsi rendre la structure de toute erreur (et de toute ”erre”...), chaque mot étant à peser: de l’exigé pris pour de l’évident. Suite à la lecture de DESCARTES par GUÉROULT, on admettra que le problème métaphysique (et théologique, puisque DESCARTES parle dans la même phrase de l’erreur et du péché!) de l’erreur est une énigme insoluble. Quant au mécanisme psychologique, le démontage qu’en fait DESCARTES, si intéressant que cela soit, se trouve discutable du fait que, là, le versant ”faute” de l’erreur est abusivement privilégié aux dépens du versant ”fatalité”, ”chute involontaire”, ”poussée subie”... Il faut donc, selon nous, penser ensemble ces deux versants contraires, le tout en séparant proprement tant pour la ”vérité” que pour ”l’erreur” l’effort de cerner ”ce que c’est” de ”l’effet de sens” – ou de ”non-sens” pour l’erreur- . Le versant ”fatalité”, ”chute” ... a été surtout souligné dans le passé par des métaphysiciens (PLATON, ARISTOTE,... qui font comme s’il y avait un ”paraître” objectif, ”en soi”....) avant de re-surgir en s’imposant dans les recherches des linguistes (depuis ARISTOTE, c’est le dire qui est considéré comme le lieu propre du vrai et du faux!) et des sémioticiens, et c’est sur cet aspect que se base un prétendu ”droit à l’erreur”; ne pas, quand même, oublier l’aspect ”faute” cher à DESCARTES (”... que je me trompe et que je pèche” : Méditation IV) . Resterait à tenter de dire quel est l’Autre en moi et cependant part de moi qui pousse avec force vers l’erreur ( ou l’erre), quels ”intérêts”, ”besoins”, ”désirs”, ... ou quoi que ce soit, apparemment miens, parlent, ou ”veulent” ou ”désirent” à travers moi et à ma place, font que je ne parle pas mais ”suis parlé” (suis ”désiré”, suis ”voulu”) ....?

• On a parfaitement raison de pointer que l’”offre” ô combien ”libérale” voire ”démocratique” d’alternatives au choix n’est souvent qu’apparence, essai de séduire un non-averti auquel, en fait, tout choix réel est dénié parce que d’abord l’un des termes est énormément chargé de culpabilisation, parce qu’ensuite et surtout il y va d’enfermer le destinataire dans le ”binaire”. Lorsqu’à ”la” Science avec faits ”établis” on oppose diamétralement ”n’importe quoi”, c’est en fait avec l’objectif de délégitimer à tel point ce ”n’importe quoi” qu’on entend distinctement le locuteur hurler face aux ”dangereuses” impostures son amour du censeur, voire offrir à des candidats des places dans un futur dispositif de censure qu’appellent tant de voeux de ”faire le ménage”. Lorsqu’on tente, en style ”New age”, d’inviter à ”laisser vivre et valoir” tant ”la” science que ”la” religion, tant l’”irrationnel” que le ”rationnel”, on délégitime, parce que taxée d’”intolérance” c’est à dire de ”fanatisme” ”scientiste” ou ”fondamentaliste” ou ”intégriste”, toute attitude qui ose souligner les incompatibilités les plus évidentes. En fait les deux démarches ne s’opposent l’une à l’autre que pour rire, car les deux, apparemment pour des raisons opposées, finissent toujours par l’appel commun à la réprobation collective, donc à la répression légale, au nom de – comment en serait-il autrement? – valeurs collectives ”ultimes et indiscutables”, fût-ce l’”objectivité”, fût-ce la ”justice”, fût-ce la ”discussion”, fût-ce la ”tolérance” elle-même, en fait le désir de lier, de régler, de ”réguler”: que peut-il y avoir, n’est-ce pas?, de plus légitime que ce qui fait l’essence même de la légitimité? Les plus féroces ”justiciers” sont de l’étoffe dont on fait les ”juges” et les épurateurs, soit ces grands ”éducateurs” (ou ”évaluateurs”) qui, lorsqu’ils vous ”collent”, ne peuvent se priver de gémir avec trémolos dans la voix : ”oui, je vous recale, oui, je vous dévalue, oui, la torture que je vous inflige me fait plus de mal qu’à vous ..., mais qu’y puis-je puisque tel est le ”devoir” que m’imposent les fonctions à moi confiées et dûment basées sur des diplômes reconnus?” Tout ça toujours avec le même but: brandir au-dessus de la tête de qui ne participe pas au ”consensus” dit ”démocratique” (qui donc est ”fou”, puis ”fanatique”, puis ”immoral”, à ”vomir” collectivement, enfin ”dangereux”, ...) la menace d’une Loi évidemment procéduralement impeccable. Si ce n’était triste à pleurer, la chose ne manquerait pas d’aspects franchement comiques, dont p.ex. le fait que dans l’exacte mesure où la science-spectacle voit son prestige shooter aux étoiles, la pratique concrète des ”sciences dures” s’effrite, manque de jeunes capables d’en prendre le flambeau... , à ce que montrent des statistiques fiables. La ”tolérance répressive” est bien une réalité, et elle usurpe l’autorité de ce qui, à l’en croire, ”va de soi”. Dans cette situation, que faire? Poser à un degré convenable d’abstraction le problème du su d’énonciation et plus généralement du su (et/ou du su transcendental) de tout ”faire”, le ”dire” compris, en tant que problème, en tant que question, non en tant que réponse ou solution préjugées, et cela sans non plus tricher en gardant dans sa manche des ”atouts” qui causeraient des exclusions d’hypothèses. Ne pas se croire (répétons!) déjà maître et possesseur d’un critère sûr et définitif séparant le bon grain de ”la” science des mauvaises herbes dites ”impostures”: nous pensons, à ce que montrera un exemple, que même une longue pratique de la recherche ”scientifique” ne saurait livrer un critère en ce sens; et nous attirons l’attention sur ce fait: si KANT, début ”Vorrede” de l’édition B de la Critique de la raison pure, prenait entièrement au sérieux tel des ”pré-critères de scientificité” qu’il mentionne: ” ... die verschiedenen Mitarbeiter in der Art, wie die gemeinschaftliche Absicht erfolgt, einhellig (= unanimes!) zu machen ...”, il faudrait conclure que les mathématiques contemporaines, où subsiste, croyons-nous, tout de même au moins la différence entre intuitionnistes et formalistes, ne sont pas scientifiques! Et deuxièmement, l’usage plus ou moins généralisé en pratique scientifique d’un conglomérat de vagues règles de prudence est loin de constituer un critère! Enfin, si la pratique effective n’offre pas ce critère, l’absence de cette pratique que remplace une prétendue ”réflexion” philosophique ne fait qu’ouvrir la discussion simplement utile à propos de ce critère, mais ne le livre pas tout fait! L’opposition ”science” VS ”imposture” est du même ordre que ces différences que ci-dessus nous avons qualifiées d’”utiles”. Finalement: une historisation radicale du détail des pratiques dites scientifiques nous paraît le meilleur moyen de montrer comment ces pratiques fonctionnent effectivement, afin qu’on puisse rabattre le caquet de ceux qui usurpent allègrement une autorité ”scientifique” pour écraser des ”impostures” dont souvent on se demande si elles ont d’autres effets que celui de provoquer la rigolade (de même qu’on peut constater fréquemment que certains prétendus ”crimes” ne deviennent ”dangereux” qu’en raison des folles législations qui les interdisent: cas du ”négationnisme” et de la loi ”Gayssot”!). Une fois de plus, nos considérations ne seront rien d’autre que triviales. Nous partons du fait qu’on s’est vu contraint de déchanter après qu’un tintamarre médiatique eut annoncé la venue de techniques absolument révolutionnaires qu’on devrait à ce que ”maintenant nous savons” en matière de génétique: bientôt, tout le monde serait ”normalisé” parce qu’on aurait découvert le gène de ceci ou de cela ( disons p.ex. le gène de l’homosexualité ou de la pédophilie), - une musique qui ne fait qu’amplifier le bruit assourdissant d’une autre qui date déjà: l’on crut jadis avoir compris l’anomalie chromosomique qui causait, chez les hommes, la criminalité (deux chromosomes ”y”). Conclure de là que même si, ”quod non!”, un effectif progrès dans le savoir ne servirait ”socialement” à rien (car selon nous il y a parfois progrès, et ça sert de temps en temps!) nous semble une tactique suicidaire. En faisant vraiment le détail de l’histoire de telle ou telle science, on saisit plus particulièrement comment y prend effet justement aussi le ferment des erreurs et les erres qui ne manquent nullement de nécessité interne, comment les unes et les autres s’éliminent ou se corrigent: voilà de quoi faire l’économie des images terriblement simplificatrices causées par le trop de sérieux attribué aux distinctions simplement utiles. Voici donc notre trivial exemple: DARWIN a décrit correctement (ça veut dire que beaucoup de ses thèses étaient et sont simplement vraies) non pas tellement comme semble l’indiquer son titre l’origine – ”absolue”- des espèces mais leur évolution, nommant ”sélection naturelle” la manière qu’a de fonctionner en ce domaine sur de très longues périodes ”la mère nature”. Mais quant à savoir exactement comment se fait la transmission des traits considérés comme ”héréditaires”, quant à savoir quels sortes d’accidents arrivent là et quel en est l’impact, on sait que les ”idées” de DARWIN étaient ”simplement fausses”. MENDEL a produit, sans disposer du nom de /gène/ qui est venu plus tard, une ”construction théorique” portant sur la transmission de traits simples héréditaires, construction susceptible de s’exprimer sous la forme d’un algorithme. On n’ignore pas que sa ”construction” n’a été diffusée que longtemps après l’invention, cela ne l’empêche pas de mériter le qualificatif de ”simplement vraie”, ni même celui d’”établie”, puisque, n’en déplaise à ZIZEK, au cours des vérifications expérimentales (les fleurs, les petits pois....) que le moine fit de sa construction, il a eu la chance de tomber sur certains traits que ”la mère nature” comme ”nous” considérons comme des traits simples. Le nom de /gène/ plus tard introduit visait à fixer la construction théorique au sein même d’une méthodologie admise: isoler d’abord l’unité la plus petite du transmis, explorer ensuite le détail du fonctionnement comme les véhicules de la transmission. On sait ce qu’il en est advenu! La visée fut juste, mais la recherche pratique souvent accompagnée d’hypothèses qu’on a après-coup identifiées comme ”délirantes”, nécessairement sous le coup de spéculations, produisant une cascade d’”idéologies scientifiques” et pseudo-scientifiques (le ”darwinisme social”), quelquefois même par la pratique de trafiquer des résultats expérimentaux (ceci n’est pas désobligeant: GALILEE, inventant le mouvement accéléré, a tout juste ”commis” ça!) ... tout cela a fait découvrir que souvent ce que nous nommons des traits ”simples” ne sont pas ”considérés” (traités) comme tels par ”la mère nature”, qu’il est parmi les traits qui nous intéressent certains dont plus d’un gène est responsable, et que des ensembles de plusieurs ”traits” sont des fois dus à un seul gène. Voilà qui, certes, suffit pour mettre une sourdine à l’optimisme journalistique, mais admettons tout de même que, de par la correction, le redressement très complexe, parfois mais pas toujours la réfutation et l’abandon sans reste..., d’erreurs ou d’erres, ”nous” en sommes arrivés à en savoir un peu davantage. Cet exemple (on ne le dira jamais assez: trivial!) autorise peut-être une analogie que nous puisons dans la vieille arithmétique! On y trouve une méthode dite ”de la fausse position”, qui consiste à sub-poser (”unterstellen”) quelque chose qu’on sait être faux, de calculer ce qui devrait arriver si c’était vrai, et d’espérer que la distance entre les conséquences du faux et ce qu’on sait être vrai soit mesurable, chiffrable; on procède alors au redressement qui s’impose de l’hypothèse fausse. Nous l’affirmons: si l’on veut faire bon usage de ces distinctions que nous avons dites ”utiles”, il y va d’historiciser radicalement, à la manière de CANGUILHEM, la ”méthodologie” rebaptisée ”épistémologie”.
Ce qui précède n’est qu’un rappel de trivialités!

 

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