Tous les articles par Jean-Claude Schotte

Parler sans s’entendre parler

Parler sans s’entendre parler

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 5)

En prenant un exemple, quelques données météorologiques indiquant vraisemblablement des retombées du changement climatique fortement discuté parmi les spécialistes, en examinant ce que ces chiffres signifient concrètement pour quelqu’un dans son travail quotidien, un viticulteur vinificateur, j’ai cherché à problématiser ce qu’il faut bien appeler le fétichisme des chiffres : la croyance naïve que les chiffres reflètent immédiatement la réalité, toute la réalité, rien que la réalité. Lire la suite ... >>>

Le fétichisme des chiffres

Le fétichisme des chiffres

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 4)

Pour promouvoir la psychothérapie « scientifique », chose qui n’existe pas, ses avocats n’hésitent pas à faire appel aux chiffres : les statistique en particulier, ça fait très sérieux. Et cela impressionne le public laïc, des législateurs par exemple qui n’ont la plupart du temps au fond aucune idée de ce que la recherche scientifique concrète exige.

Ces laïcs croient par exemple que ce qui est scientifique est vrai, sans plus, alors que toute vérité scientifique est au contraire une vérité extrêmement conditionnelle : telle ou telle hypothèse (je dis bien hypothèse, donc proposition, et non praxis, donc acte) est vraie mais seulement à la mesure d’une procédure précise. Cette dernière a été conçue par un chercheur en fonction de ses questions et ses hypothèses : il crée des conditions expérimentales que l’on ne retrouve quasiment jamais telles quelles quand on a affaire à du phénomène en dehors d’un laboratoire. Lire la suite ... >>>

« La médecine n’est pas une science mais un art »

« La médecine n’est pas une science mais un art »

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 3)

Certains psychothérapeutes prétendent exercer la psychothérapie « scientifique ». Et ils prétendent même exclure certains collègues de l’exercice du métier de psychothérapeute au nom de la « science » qu’ils sont eux capables d’administrer mais pas les autres. Au meilleur des cas, ils se trompent de registre, sans conséquences, au pire des cas, ils s’autorisent d’une imposture. Lire la suite ... >>>

La prétention au pouvoir au nom de la science

La prétention au pouvoir au nom de la science

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 2)

Un scientifique est un scientifique, sans doute. Et on peut même expliciter ce que cela signifie, en interrogeant sa façon de formuler et de mettre à l’épreuve des énoncés qui expliqueraient certains phénomènes qui ne peuvent être ces phénomènes–là, « certains » phénomènes et pas d’autres, qu’à la condition d’avoir été cernés et construits dans un ordre de raison, eu égard à une causalité présumée spécifique et autonome. Lire la suite ... >>>

Les déclarations solennelles ‒ après-coup

Les déclarations solennelles ‒ après-coup

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 1)

Dans le Land du 23 décembre 2016, M. Peter Feist consacre un article très critique, Der ganz normale Wahnsinn, au fonctionnement de certaines personnes au sein du Conseil Scientifique de Psychothérapie.

Dans le Land du 6 janvier 2017, M. Gilles Michaux, une des personnes visées, utilise son droit de réponse, mais pas pour répondre aux critiques massives à son adresse (voir la Gegendarstellung en bas de page). Être accusé en tant que représentant d’une corporation (Zunft) de pratiquer le népotisme (Vetternwirtschaft), ça n’est pas rien. Ne pas y répondre est pour le moins curieux. Quoiqu’il en soit, il s’arrête uniquement sur le dernier paragraphe de l’article, somme toute secondaire, même si ces quelques phrases en fin d’article illustrent bien une certaine manière d’exercer le pouvoir. Lire la suite ... >>>