Tous les articles par Thierry Simonelli

La haine en psychanalyse

Montéral : Liber, juin 2018

Ce livre-ci prend source dans le célèbre article de Donald Winnicott, « La haine dans le contre-transfert », qui se décline et retentit : haine des psychanalystes, des psychiatres et des soignants envers leurs patients, haine des mères envers leurs enfants.

Et si la haine n’était jamais si dangereuse que sous la forme de la douceur, du souci et de la prévenance ? Tels sont les paradoxes proposés par Winnicott, dont Masud Khan paya le prix fort. Tour à tour analyste et analysant, l’un affable et complaisant, l’autre exubérant et agressif, tous deux partagent inventivité et créativité. Lire la suite ... >>>

L’instrumentalisation des neurosciences

« La recherche n’a pas pu à ce jour identifier de variantes génétiques ayant indubitablement pour effet de créer des différences cognitives ou comportementales. » (Le Monde, 25 mars 2018)

Le Monde publie un tribune intéressante de 19 chercheurs en neurosciences, en sociologie des sciences et en philosophie de la biologie, dont le sérieux n’est à pas remettre en question prenant officiellement position contre un nouveau tournant « scientiste » rappelant, bien que sur le mode du paternalisme bienveillant, les intrications politiques les plus effrayantes de l’ancienne « hygiène raciale ».

Les chercheurs contestent qu’il existe un « socle génétique important et quantifié, à l’origine de différences psychologiques entre les êtres humains, en particulier selon la classe sociale, les origines ou le sexe ».

Dans son petit argumentaire, ce pamphlet rappelle que le lien entre une variabilité génétique et son rapport statistique à un trait phénotypique ne suffit pas pour établir un lien de causalité : « Par exemple, si une variante génétique favorise le développement d’une apparence physique culturellement stigmatisée, elle pourra avoir un effet négatif sur une mesure de la réussite sociale sans pourtant être en soi une prédisposition biologique à moins bien réussir. » 

En résumé :  « En fait, hormis les effets délétères de certaines anomalies génétiques, la recherche n’a pas pu à ce jour identifier chez l’humain de variantes génétiques ayant indubitablement pour effet de créer, via une chaîne de causalité strictement biologique, des différences cérébrales se traduisant par des différences cognitives ou comportementales. »

Si cette prise de position répond, dans un premier temps, à l’influence politique du nouveau Conseil scientifique de l’Éducation nationale (France) présidé par Stanislas Dehaene, elle pourra s’appliquer tout aussi bien aux dérives des instrumentalisations scientistes de la psychothérapie par la suite. 

Petit rappel d’un classique de la philosophie des sciences : Lire la suite ... >>>

L’impact de Mai 68 sur la Psychanalyse

Actes du colloque de Dimensions de la psychanalyse des 30 septembre et 1er octobre 2017

François Ardeven, Jean-Charles Cordonnier, Yann Diener, Jean-Claude Fauvin, Amîn Hadj-Mouri, Karim Jbeili, Simone Lamberlin, René Lew, Jean-Jacques Moscovitz, Frédéric Nathan-Murat, Thierry Simonelli, Pierre Smet

Paris : Lysimaque, 2018.
ISSN 2608-421X
ISBN 978-2-906419-27-8
512 pp. 20 €. PAF 3 €.
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Cold War Freud: Psychoanalysis in an Age of Catastrophes

Dagmar Herzog

Cambridge : Cambridge University Press, 2017

In Cold War Freud Dagmar Herzog uncovers the astonishing array of concepts of human selfhood which circulated across the globe in the aftermath of World War II.

Against the backdrop of Nazism and the Holocaust, the sexual revolution, feminism, gay rights, and anticolonial and antiwar activism, she charts the heated battles which raged over Freud’s legacy. From the postwar US to Europe and Latin America, she reveals how competing theories of desire, anxiety, aggression, guilt, trauma and pleasure emerged and were then transformed to serve both conservative and subversive ends in a fundamental rethinking of the very nature of the human self and its motivations. Lire la suite ... >>>

Qui prétendrait à l’autonomie complète ?

(Avec l’accord des auteurs – les Drs Raymonde Schmitz et Robert Wagener – nous reproduisons ci-dessous la réponse à l’article de G. Steffgen concernant la discussion sur l’« autonomie » du psychothérapeute au Luxembourg)

Autonomie

Qui prétendrait à l’autonomie complète ?

Je me suis dit que la lettre publiée au WORT par mon collège Robert WAGENER et moi-même en réponse à l’article du Prof STEFFGEN du 18.2.2017 dans ce même journal, pourrait intéresser les lecteurs du blog de psychanalyse.lu.

Dans son article G. STEFFGEN insiste sur la capacité du psychothérapeute exerçant dans le cadre de la nouvelle loi sur les psychothérapies de juillet 2015, de travailler en autonomie totale indépendamment de l’avis et/ou de l’adresse par un psychiatre ou par un autre médecin. Lire la suite ... >>>