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Bibliographies

4 livres

L'esprit malade
Pierre-Henri Castel

L'esprit malade

(Paris, Editions Ithaque, 2010)

Le formidable développement des neurosciences depuis les années 1980 présente un paradoxe dont l’état actuel de la psychiatrie est particulièrement révélateur. Bien qu’on n’en ait jamais su autant sur le fonctionnement du cerveau, les avancées accomplies dans ce domaine n’ont permis d’éradiquer aucune des grandes pathologies mentales connues depuis deux siècles. En revanche, le style de rationalité exigible pour les décrire, les étudier et évaluer leur traitement s’est profondément transformé. La plupart des concepts psychologiques traditionnels ont été ou sont en cours de naturalisation : l’esprit, c’est ce qui s’explique à partir du cerveau.

En abordant ici les modèles animaux de la folie, les hystéries modernes, la dépression, l’énigme des « fous criminels » ou celle de la conscience schizophrénique, l’auteur poursuit en réalité trois tâches. Il présente d’abord les mutations actuelles de quelques théories psychiatriques marquées par la domination des paradigmes neuroscientifique et évolutionniste. Il vise, ensuite, à dégager les présuppositions philosophiques ultimes de la naturalisation de la folie et des états psychiques morbides qui inspirent ces théories. Il interroge, enfin, les conditions anthropologiques du succès de l’« esprit-cerveau » en psychiatrie.

Pierre-Henri Castel est directeur de recherches au CNRS et dirige le Centre de recherches Psychotropes, Santé mentale et Société (université Paris Descartes). Ses travaux portent sur l’histoire et l’épistémologie des sciences psychologiques et médicales, ainsi que sur les questions de philosophie morale et d’anthropologie sociale qui en constituent le contexte déterminant.
Il a notamment publié La Querelle de l’hystérie, La Métamorphose impensable, À quoi résiste la psychanalyse ?

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A quoi résiste la psychanalyse ?
Pierre-Henri Castel

A quoi résiste la psychanalyse ?

(Paris, PUF, 2006, collection « Science, histoire et société »)

Remontant 25 ans en arrière, j’aimerais surtout rendre sensible ceci : affirmer que la psychanalyse, dans tous les pays et dans toutes ses variantes cliniques et théoriques, traverse aujourd’hui une crise majeure, peut-être terminale, n’est nullement une exagération née d’un manque de recul. Le recul est là (en gros, le quart de la vie de la discipline elle-même), et le constat sans équivoque. Car depuis 25 ans, tant le prestige scientifique, voire tout simplement intellectuel, que clinique et thérapeutique, sans oublier le pouvoir d’attraction culturelle de la psychanalyse, ont fondu comme neige au soleil. Etrangement, la gravité de la crise n’est guère sensible aux psychanalystes eux-mêmes : ils forment en effet depuis les années 60 un milieu professionnel qui s’isole, pour des raisons à discuter, telle une élite au cœur de la nébuleuse contemporaine des métiers psychologiques que les sociétés développées ont fait proliférer à diverses fins, et ces métiers, ainsi que les formations qui y conduisent, continuent à lui rendre un culte révérencieux. Au sein donc des sociétés de psychanalystes, on se coopte, on discute, on publie, et même, parfois, on se cite. Mais c’est là une vitalité en vase clos ; il suffit de comparer les revues de psychanalyse, de sciences humaines et de psychiatrie des années 60 à leurs héritières actuelles pour mesurer l’ampleur des dialogues rompus et des ignorances insoucieuses. Certes, ce n’est pas en France, ni en Argentine, qu’on trouvera les signes les plus douloureux de la désaffection dont je parle. En revanche, partout où ne subsiste que sa dépouille idéologique, le freudisme, celui-ci ne suscite plus que sarcasmes. Enfin, il serait trompeur de croire que la langue et la vie de tous les jours, en incorporant tant d’expressions freudiennes dans la justification de nos attitudes psychologiques (Untel « refoule », « dénie », et pensez aux nuances « hystériques » qu’on sait si bien détecter dans la sexualité ou l’agressivité d’autrui), prouvent par là le caractère acquis, voire indéracinable du savoir freudien : « If often he was wrong and, at times, absurd,/ to us he is no more a person / now but a whole climate of opinion / under whom we conduct our different lives », écrivait ainsi Aude à l’ombre géante de Freud… Las, s’il est vrai que la psychanalyse entretient des rapports conceptuellement décisifs avec la psychologie ordinaire (i.e. non-objectivée par des procédés scientifiques), elle y introduit aussi un ordre de rationalité qui exige un peu plus que l’impression d’être freudien en parlant de l’hystérie ou du refoulement à l’œuvre chez tel ou tel. Et là, les choses se gâtent, car c’est précisément cette rationalité, autrement dit l’extension audacieuse par Freud des concepts ordinaires de la conscience, de la culpabilité, du désir, de la mémoire, extension qui les métamorphose et leur confère une texture nouvelle et inouïe — c’est cette rationalité qui est devenue proprement inintelligible. Depuis 25 ans, la crédibilité de la psychanalyse paraît donc s’être effondrée pour plusieurs raisons, tant internes (stérilité de l’invention clinique comme théorique, orthodoxies ressassées, vices de la transmission), qu’externes (nouveaux paradigmes en psychologie, mutations des attentes culturelles, voire de certains rapports sociaux cruciaux, virulence et publicité, enfin, des réfutations historiques et épistémologiques de Freud et de son héritage, etc.). L’idée centrale du présent essai est qu’on pourra difficilement désintriquer ces facteurs : ils ne sont jamais purement théoriques ni purement sociologiques, mais au contraire, et c’est leur intérêt, tout cela à la fois. On peut d’ailleurs voir ce qu’on veut dans la crise en cours : le triomphe d’une vérité longtemps bafouée par les freudiens, les prémices d’une catastrophe psychique collective, la vérification du caractère culturellement inassimilable de la psychanalyse, ou, tout bêtement, la clôture d’une parenthèse non-scientifique regrettable ; c’est affaire de goût, d’intérêts ou de moyens. L’important est d’abord d’avouer que la psychanalyse en est ressortie en guenilles.
Or, si l’on ne résiste, en un sens, qu’à ce qui est pleinement irrésistible (car sinon, on ne résiste pas vraiment, on continue juste d’exister sans réelle tension, l’agression subie était encore marginale), alors il faut s’adresser frontalement à ces facteurs de crise, dans ce qu’ils ont de plus massifs, et sans doute de plus désespérants.
Voilà l’enjeu — mais aussi, pour des motifs que je vais bientôt détailler, l’opportunité paradoxale qu’il offre.

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La métamorphose impensable. Essai sur le transsexualisme et l'identité personnelle
Pierre-Henri Castel

La métamorphose impensable. Essai sur le transsexualisme et l'identité personnelle

(Paris, "NRF" Gallimard, 2003)

Être un homme ou une femme est-il naturel ou culturel ? L'identité sexuelle s'enracine-t-elle dans le corps, est-ce un donné physiologique, voire neurobiologique ? Ou ne s'agit-il que d'un rôle qu'on joue, qu'on pourrait intervertir avec d'autres et dont on puisse altérer le texte ?

La métamorphose transsexuelle est une voie d'accès privilégiée à ces interrogations, parce que le réel de l'identité, avant d'avoir pu dire son mot, est ici forcé par un fabuleux acte autoconstructif : si tant de magistrats, tant de psychiatres sont embarrassés par les transsexuels, si leur affaire est à la pointe avancée de la bioéthique, de la critique de la culture ou de la protestation libertaire, c'est justement parce qu'ils assument leur identité comme une "construction sociale". Dans la sphère éthérée des débats savants, ils font sentir l'urgence d'une affaire de vie ou de mort, en un court-circuit inattendu entre une question de catégorisation et une atteinte directe à la chair.

Le problème est, pour le dire d'un mot, métaphysique. Il vise le nrnud obscur qui attache ce corps à ce je ; il oblige donc à dévoiler quelle nature humaine il faut, à un moment ou à un autre, nous supposer. Et il est à peine besoin de l'approfondir pour que la philosophie, la psychanalyse, mais aussi la médecine, la sociologie, le droit - toutes disciplines aspirant à sauver leur rationalité, voire leur scientificité, face à ce qui paraît la déraison même, "changer de sexe" - en ressortent ébranlés.

Telle est la crise des certitudes qui motive cet essai.


--> Présentation, table des matières et recensions



Freud. Le moi contre sa sexualité
Pierre-Henri Castel

Freud. Le moi contre sa sexualité

(Paris, PUF, 2002, collection « Autres Collections »)

L'ouvrage

Ce volume propose une introduction à Freud articulée autour de sa thèse la plus célèbre et qui demeure la plus invraisemblable : une sexualité inconsciente régit notre vie psychique y compris dans ses prétentions morales ou esthétiques. Comment Freud a-t-il travaillé sa pensée, qu'il s'agisse du contexte d'émergence de la psychanalyse, de la sexologie naissante, de la psychopathologie de l'époque et du darwinisme ou bien du développement de la théorie face aux problèmes, en particulier quand il fut confronté à la résistance des patients à la guérison ?


Destiné à des lecteurs philosophes ces contributions devraient intéresser tous ceux qui réfléchissent sur les souffrances psychiques.

A propos des auteurs

Ouvrage coordonné par Pierre-Henri CASTEL, chercheur au CNRS, Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques, psychanalyste
Avec des textes de Geneviève Morel, psychanalyste -- Jonathan Lear, professeur à l'Université de Chicago et psychanalyste -- Christiane Lacôte, psychanalyste



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Auteurs :
Karl Abraham
Joël Bernat
Christopher Bollas
Derek Bolton
Pierre-Henri Castel
Alain de Mijolla
Erik H. Erikson
W. R. D. Fairbairn
Sandor Ferenczi
Antoine Fratini
AndrAndré Green
André Green
Joel Kanter
Jean-Claude Lavie
Bernd Nitzschke
Adam Phillips
Neil Pickering
Luiz Eduardo Prado de Oliveira
Thierry Simonelli
Donald Winnicott

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- Freud 1877-1900
- Sigmund Freud
- Gesammelte Werke
- Correspondance
- Karl Abraham

- Glossaire traduction




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