Archives de catégorie : Reviews

Les connexions perdues

La dépression n’est pas une inconnue pour Johann Hari. Dans son dernier livre – un best-seller au titre prometteur de Lost Connections: Uncovering the Real Causes of Depression and the Unexpected Solutions – Hari décrit comment, depuis sa plus tendre enfance, il passait de longs moments à pleurer et à sangloter seul dans sa chambre.

À 18 ans, Hari prenait enfin son premier anti-dépresseur. Selon sa propre formulation, ce fut son premier « baiser chimique ». Cependant, le soulagement qu’il en ressentit n’en fut pas seulement biochimique. Car son médecin lui avait expliqué, en toute bonne conscience, qu’il ne faisait que souffrir d’une maladie commune nommée « dépression ». Lire la suite ... >>>

Psychothérapies sans risques

(Le texte qui suit a originellement paru dans le mensuel luxembourgeois Forum, n° 320, juillet 2012.)

Sans RisquesUn nouveau spectre hante le Luxembourg. Après les médecins fripons et les enseignants fainéants, voici donc le fléau des psychothérapeutes dangereux.

Ce danger est-il récent ? S’est-il renforcé progressivement au cours des dernières décennies ? Y a-t-il eu des blessés ? Des morts ? Des personnes se sont-elles plaintes auprès de la police ? Des jugements ont-ils été émis contre des malversations ou des fautes professionnelles ? Et quelqu’un a-t-il relevé ces faits, dressé des listes, établi des statistiques ? Lire la suite ... >>>

I was in one of your dreams? The Jeff Nichols film TAKE SHELTER

I was in one of your dreams?
Yeah.
Can you deal with that?
Yeah.

  A brilliant recent exploration of the nature of dreams, and their paradoxical (non-) place in our living environment is Jeff Nichols’s film Take Shelter (2012). In it a married construction supervisor named Curtis has nightmarish dreams of storms, or of a fantastic catastrophe, and of people attacking him.  These dreams tell of lurking dangers in the present and of a coming ecological reckoning.  The dreamer reacts by two contradictory sets of actions: one, he prepares for the imminent danger, and tears himself away from those who threaten him in his dreams, digs a hole in the ground, builds up his storm shelter.  And, two, in the same responsive manner, consults a number of health professionals to confirm his possible paranoid schizophrenia and his greatest fear: to be put away, to be removed from his family, like his own mother was.  The brilliance of the film comes from that uncomfortable co-existence of mutually exclusive elements.  Lire la suite ... >>>

J. Edgar – sharp dressed man

© Warner Brothers 2012

During an evening out at the club, J. Edgar Hoover suddenly urges his friend and lover Clyde Tolson to leave in a hurry. They just came from a movie that was of important symbolic value:  Hollywood had eventually shifted from the sympathetic gangster hero to the heroic police officer. Hoover feels so gratified by what he considers to be a public recognition of his work that during the ride home, he holds his lover’s hand. The gesture has a slight scent of provocation since his mother, Anne, sitting in front of the car, could not but notice. And she would pay him back for this daring move soon enough. Lire la suite ... >>>

Freud and his patients – Freud et ses patients

Un certain Freud
Au sujet de Les patients de Freud : destins
de Mikkel Borch-Jacobsen
Sciences Humaines Éditions, 2011

J’ai lu ce livre de Borch-Jacobsen avec beaucoup d’intérêt, ayant moi-même étudié ce sujet aussi bien par intérêt personnel que par intérêt professionnel. Je fais des cours pour des étudiants universitaires et je viens d’écrire un livre, Ferenczi, la psychanalyse autrement, où j’ai approché de près le matériel qui sert aussi à Borch-Jacobsen. J’ai trouvé son livre d’autant plus passionnant qu’il n’y a pas beaucoup de livres en français à ce sujet. Faut-il dire que la France présente un paysage assez désolant en termes d’éditions psychanalytiques. Malgré toutes les apparences en sens contraire, la France devient de plus en plus paroissiale dans le paysage mondial des publications. Celui qui n’y lit pas l’anglais, reste un chercheur aveugle. Il n’y a aucun espoir que soient traduits en français des livres comme Unorthodox Freud : the View from the Couch, de Beate Lohser et Peter M. Newton, publié à New York et Londres, qui présente un vaste panorama des patients de Freud et de leur destin, ou Unfree Associations : inside psychoanalytic institutes, de Douglas Kirsner, publié à Londres, qui présente un vaste panorama de comment sont conduites les discussions dans les milieux psychanalytiques. Il est donc d’autant plus précieux que des chercheurs internationaux comme Borch-Jacobsen publient d’abord en français avant de publier en anglais. Lire la suite ... >>>