Vérité: "noyau ( ou 'grain'
ou 'graine' ou 'morceau') de
vérité", "réalité",
"épreuve de réalité"
Disons-le tout de
suite : l'explication la plus claire, avec occurrence du terme propre "noyau de
vérité", "Wahrheitskern", se trouve dans une œuvre tardive:
"L'homme Moïse..." ("Der Mann Moses u. die monotheistische Religion",
1934-38, sub II). Ce qu'est ce "noyau" se comprend compte tenu d'une
différence connue de FREUD depuis longtemps, mais brillamment
développée dans ce même écrit (sub III):
vérité matérielle VS vérité historique.
Le problème se rencontre chaque fois que FREUD fait une incursion en
sociologie, mythologie, spéculations sur l'histoire ou sur la religion,
linguistique - "Totem und Tabu", "Zukunft einer Illusion", "Zur Gewinnung des
Feuers", "Die Verneinung". N'empêche que des croyances comportant ce
mystérieux "noyau" sont, par FREUD, régulièrement
raccordées à des cas cliniques, soit de "Zwang" (on traduit sans
uniformité tantôt par "compulsion", tantôt par
"obsession"...), soit d'une "psychose" dans le temps appelée "Amentia";
"halluzinatorische Wunschpsychose", dira (1917-18) la "Metapsychologische
Ergänzung zur Traumlehre".
Qu'on nous excuse!
Nous sommes obligé, maintenant, de passer par nos options philosophiques
quant à /vérité/, /vrai/, /faux/ (v, f ), les rapports
supposés entre le v et la "réalité" (et le "réel").
Les nettes ambitions philosophiques de FREUD ne débouchent jamais,
heureusement, sur une "Weltanschauung". Ses tentatives de définition de
/vérité/ et /réalité/ ne peuvent que rappeler
certaines philosophies, comme nous verrons!
Tout d'abord, il y
aurait 3 "vérités" qui seraient à écarter!
(1) Une "Vérité" (avec majuscule!) que des lacaniens,
à la manière de ZIZEK, prétendent opposer
diamétralement à /savoir/. Le "savoir" est un corpus qui
éventuellement progresse, s'accumule, parfois se reprend et se corrige ou
change du tout au tout ("changement de paradigme") ... La Vérité,
par contre, serait un état ("Zustand") unique, lumineuse intuition pour
de bon, le sujet (su) pouvant être (ou non) dans cet état, ou du
moins être "ouvert" à cet état qui alors, si
réalisé, lui fait faire face au "réel" lacanien. Pour nous:
voilà qui souligne sans doute un aspect, un!, certes important, de ce que
nous appelons "vérité" (minuscule!), mais aspect que les tenants
de cette "Vérité" (majuscule) singularisent et absolutifient
abusivement! Le "noyau" (!!!) correct dans ce délire est celui-ci: on
peut considérer la vérité (petit v!) comme un état
du su - c'est ce que fait p.ex. la sémiotique de GREIMAS -.
(2) A écarter aussi la "Vérité"
heideggéro-lacanienne! Celle que tente de saisir la "pensée" de
HEIDEGGER comme "ouverture" et "dé-voilement", "Ent-bergung",
"non-latence", soit donc cette "a-lètheïa" que HEIDEGGER, se
cramponnant "hartnäckig" (son mot!) à son étymologie
fantaisiste, prétend penser "grec". Cette "Vérité" est
aussi celle d'une célèbre prosopopée des "Ecrits" : "Moi,
la Vérité, je parle". Point! N'en doutons pas, ici encore il y a
UN aspect bien saisi. Si le dit est le lieu propre de l'advenue du v, le dire
serait le moyen propre d'opérer cette advenue, cette occurrence, qui
reviendrait, pourquoi pas?, au dévoilement de qch auparavant
voilé, caché. Mais de là à absolutifier la coupure
entre le dit (qui, en partie du moins, consigne le "savoir") et le dire (qui
fait passer le su à l'état de Vérité, au-delà
de tout "savoir"...) il y a un pas qu'il n'y a nulle raison suffisante à
franchir. Les deux "Vérités" (majuscule) se révèlent
nettement trop "sublimes" pour que l'homme du commun puisse même
espérer y atteindre, et voilà la raison pour laquelle FREUD
écarte les prétentions à la vérité typiques
des religions. Nous y reviendrons!
(3) A écarter enfin la
"vérité" telle que la cernent les infortunées
"théories philosophiques de la vérité"! Pourquoi? Nous
affirmons d'abord que la "définition" de la vérité par
TARSKI (via la notion de satisfaction...) n'est qu'une définition (rien
d'autre), et nullement incontestée, et cela n'a rien de philosophique.
Pour ce qui est des "théories" autres que la "théorie de la
correspondance" (théorie de la cohérence, théorie
pragmatiste, théorie consensuelle ...) : leur insuffisance nous
paraît d'une évidence tellement hurlante que, comme ces
"Vérités" sub (1) et (2), leur seul mérite est que chacune
signale un aspect, juste un! La "correspondance", elle, ne fait que nous assener
un mot obscur et ronflant qui fait écran de fumée! Il n'y en a
qu'une interprétation à peu près acceptable, celle qui fait
que le porteur du v soit comme une image de quelque réalité, qu'il
y a entre les deux comme une identité ou similitude de structure,
thèse défendue par WITTGENSTEIN dans le "Tractatus...", mais
récusée sans reste par le même dans les "Philosophische
Untersuchungen". Bien des travaux portent sur les théories
scientifiques. En ayant lu queques-uns, nous concluons sans hésiter que
toutes les "théories" dites philosophiques de la "vérité"
ne méritent en aucun cas d'être qualifiées de
"théories" ...
Essayons, en formules brèves,
d'exprimer les options que pour le moment nous jugeons au moins
"économique" d'assumer: disons la réalité faite
d'états de choses, lesquels, si réalisés, s'ils sont "le
cas", sont des faits. Ce qui dit un état de choses, soit une phrase
déclarative sensée exprimée ou exprimable dans une langue,
s'appellera proposition, prop. Nous considérons donc la prop comme le
porteur propre premier du vrai: une prop serait v si elle dit un fait = un
état de choses qui est le cas. Nous considérons aussi le dit
comme le lieu propre de l'occurrence du v et du f, d'après ARISTOTE,
livre gamma de la "Métaphysique": dire de ce qui n'est pas que c'est, et
de ce qui est que ce n'est pas, voilà le f; par contre dire de ce qui est
que c'est, et de ce qui n'est pas que ce n'est pas, tel est le v. Une prop est
donc v non pas si elle "correspond" (?) à la réalité, mais
si elle dit un fait. Ou encore une prop est v s'il en est comme elle le dit.
Dire vrai, "véridire", ne consiste pas à dire ce qui est, mais
à dire de ce qui est que c'est. La nuance paraît infime, mais elle
tire à graves conséquences! Comme chacun sait, dans et par l'actif
dire, nous prenons sans cesse position sur "l'être de l'étant". A
propos de ces prises de position, il est tout à fait sans
intérêt de se demander laquelle d'entre elles est ... "vraie" ou
"correcte" comme si nous pouvions, nous su, hors de toute prise de position
confronter celle qui est en question avec "la" réalité".
L'intéressant seul est d'analyser la prise de position en question dans
son contexte, soit donc, à la manière de QUINE, de voir ce
qu'Untel, dans tel contexte, admet comme étant, par l'examen des
quantificateurs qu'il utilise, ou en nous engageant activement, quoiqu'avec
réflexion, dans son jeu de langage (JdL) à la WITTGENSTEIN. Nous
associons, comme le fait FREUD, la "vérité", éventuellement
une sorte d'état du su à atteindre par lui, à la
démarche, ou mieux: aux différentes démarches..., de la
"vérification", mieux dite "épreuve": "Prüfung".
Références
:
"Traumdeutung" (1900) :
(1)
Remarquons que ce livre commence par un très long passage en revue de la
littérature "scientifique" sur le sujet, que l'on parcourt en
général rapidement, et on ne sait pas dans chaque cas si FREUD
approuve ou non. Un auteur (HILDEBRANDT) pointe que le rêve ne crée
pas, "er spannt's nur aus", un "Bearbeiten" .., et pourtant il y aurait "ein
Quentlein historischen Stoffes"... On dit aussi que "ein hartnäckiger
Volksglaube der Wahrheit der Dinge nähergekommen zu sein scheint als das
Urteil der heute geltenden Wissenschaft". Quelle est cette "vérité
des choses"? Que le rêve a une signification ("Bedeutung")!
Certains auteurs signalent notre tendance naturelle à ordonner
(s'il le faut, hallucinatoirement!) dans le "normales Denken". Croyance que
"der Traum müsse verständlich sein" ... d'où une sorte de
"Vorschrift" (impératif) pour qui s'en occupe: "Zusammenhang im Traum
seiner Herkunft nach verdächtig", donc "in allen Fällen unbeachtet
lassen". Cela permettrait peut-être le "Rückgang zum Traummaterial".
Quoi qu'il en soit : "es hapert im Traum mit der Wahrheit, weil wir Lücken
ausfüllen". Citation d'un certain SCHOLZ contre PLATON, début L. IX
de la "République"... Un SPITTA affirme d'ailleurs que TOUT ordre est
"importé"...
Ignorant en fait (sauf quelques exceptions) si
FREUD approuve, ou non, les auteurs qu'il passe en revue, nous nous permettons
d'émettre l'hypothèse de travail suivante: cette
"vérité des choses" dont un petit quantum est contenu dans les
rêves, certains de ces auteurs pensent pouvoir l'atteindre en retranchant
de tout rêve dont ils prennent connaissance les éléments que
le rêveur y a importés à titre de déformations et de
remplissages: le rêve réel, ou disons ce qui y est effectivement
arrivé, pourrait être - difficilement! - accessible si l'on
arrivait à faire cette abstraction ou soustraction des "Entstellungen".
Oui, mais alors il s'agirait de ce que FREUD appelle plus tard une
"vérité matérielle", et non d'une "vérité
historique". Si les auteurs nourrissaient effectivement un tel espoir, ils
compromettraient d'ailleurs la découverte valable qu'ils ont faite,
savoir que le rêve est signifiant. S'il l'est, c'est qu'au moins une part
de la "forme" y est mise (kantiennement parlant: "hineingelegt") par le su, et
il serait absurde de chercher naïvement à atteindre un "contenu"
sans aucune "forme" à quoi, malgré cela, un su ferait face. Raison
pour laquelle la plupart des auteurs, fixés qu'ils sont sur une
"vérité matérielle", en fait désespèrent de
l'atteindre jamais et se rallient finalement à ce sens commun qui, au
rêve, n'attribue aucune valeur cognitive, et le considère comme
"barer Unsinn". FREUD y verra, bien entendu, une "défense"! Ou encore
d'aucuns disent que nous ne connaissons pas du tout le rêve tel qu'il est
"wirklich vorgefallen"... Nous pensons que FREUD pourrait estimer
méritoire la tendance de ces auteurs à sub-poser qu'il y a dans le
rêve des déformations, ce qui, si du tout l'on considère le
rêve comme signifiant, nous impose tout de même un effort de
dépister les déformations, voire même de considérer
toute la forme narrative que prend le rêve s'il est raconté comme
le lieu propre de l'"Entstellung". Ne pas, donc, céder au désir de
l'analysant d'obtenir tout de suite une réponse à la question
"qu'est-ce que ça signifie?", mais l'amener à découper son
rêve en ce que l'on ne peut appeler autrement que ..."signifiants"! Au
niveau de la "Traumdeutung", l'introduction des concepts proprement freudiens
semble à première vue ne rien amener d'autre qu'une
complexification.
(2) FREUD introduit la différence:
"Latenter Inhalt " VS "Traumentstellung" , traduction tentée: "contenu
caché" VS "ex-sistance (mise hors place) du rêve". Il pointe la
tentative de "cacher" - "verstecken"- jusqu'à l'interprétation du
rêve, ce qui est résistance et se traduit en "Verwerfung", en
déclaration qu'il s'agit de pure absurdité, et donc - un net air
très "scientifique"! - déni du "Erkenntniswert" réduisant
le rêve à une pure "Affektäusserung". Bien sûr, ce qui
serait à refouler, ce serait telle "Vorstellung",
"représentation", "idée", et si cela se fait, cela peut suivre
deux lignes fondamentalement différentes: cela peut être une
"verhüllte Wunscherfüllung": un "souhait" (adoptons cette traduction
pour le "Wunsch"!): qui est assouvi mais déguisé, voilé...,
ou bien il peut aussi s'agir d'une défense ("Abwehr"). Ah, dira-t-on,
comment donc reconnaître l'un et l'autre? FREUD répond en se
servant de l'exemple d'un de ses propres rêves les plus
célèbres, ce rêve où son propre père est
moqué car il apparaît, exceptionellement, comme un peu ivrogne et
un peu ridicule parce qu'en fait il est "homme de paille" pour un illustre
personnage, le grand MEYNERT! Cela introduit la notion de "censure": "dass man
von unerlaubten Dingen das was unwahr ist eher sagen darf als de Wahrheit".
L'action de cette censure n'est, pourtant, qu'une partie du "travail"
("Bearbeitung") du rêve, puisqu'il y a encore (il y a encore eu) une autre
"Entstellung" ("déplacement, ex-sistance) "AVANT"! Or, dit FREUD, les
deux ne sont pas arbitraires, mais déterminées (aurait-il dû
dire: "surdéterminées"? ) dans l'état psychique. Surgit
alors un reste de vérité "matérielle" dont on se demande
s'il est vraiment négligeable, quoique, bien sûr, ce reste
"matériel" n'ait que peu à voir avec la "Traumarbeit", avec le
"travail du rêve" proprement dit: il s'agit des "restes diurnes", dont
fait partie la ... heu ... "cause", ou le "prétexte", ou le
déclenchement ..., du rêve ("Veranlassung" ). Sur l'exemple: FREUD
traite un patient depuis déjà 5 ans (ça paraissait long
à l'époque) et craint (probablement non sans raison) que MEYNERT
en manifeste du mécontentement...
Nous avons
déjà insisté sur la complexification, manifeste surtout
dans le fait que l'action de la "censure" n'est pas seule à "habiller" le
rêve. Quant aux "Tagesreste" : bien sûr, à leur propos, il
n'y a pas juste à "interpréter", il y a ici un quelque chose qui
est bien "reste" et bien "matériel", bien opaque, reste, disons,
finalement de "réalité matérielle" ou "d'occurrences en
réalité" sur quoi le travail proprement d'interprétation,
le travail qui a pour objet propre le "sens"..., ce travail, disons-nous, ne
peut que simplement buter. La sémiotique de GREIMAS considère les
traductions de cela dans les récits (ou plus généralement
dans ce qui est à "interpréter") comme des "ancrages".
(3) FREUD, lui, même dans cette œuvre, se rend
parfaitement compte du problème: s'il veut rendre ses concepts de
"contenu latent", "Traumentstellung", "censure" etc opératoires, il lui
faut quelque chose comme une "accroche" méthodique qui place l'analyste
dans les mécanismes "déterminants" du travail du rêve. Un
des exemples qu'il fournit est le conseil de se saisir de
préférence de traits "secondaires", "minimes" ("geringfügige
Züge") dans les rêves racontés, lesquels traits seraient
"indispensables". Critique de ce qui paraît "évident" - mais les
ancrages, s'ils servent, doivent bien l'être! - , préférence
pour ce qui à l'analysant paraît des "contre-évidences", et
de là satisfaction si l'analysant use d'une expression courante mais
intraduisible en réponse à une interprétation: "das
fällt mir im Traum nicht ein"... Conseil, encore, de faire
répéter souvent le récit: là où l'expression
change, nous touchons probablement de près un point faible du
déguisement. Si je persuade l'analysant que j'interprète avec
beaucoup de soin, il protégera, par résistance, ces "points
faibles": la résistance se dévoile précisément de ce
que j'en provoque délibérément l'action ...
Corrélativement: si des doutes se manifestent, tel ou tel doute -
choquant pour un cartésien!- pourrait bien être "Abkömmling
des Traumzensur" ...
Il y aurait donc d'abord à
éviter une erreur provenant de la fixation sur une vérité
rien que matérielle au sens le plus étroit du terme: le "noyau de
vérité" d'un rêve n'est pas la réalité
effective, choses ou événements, des "restes diurnes". Le
rêve n'est ni interprété ni même expliqué par
ce "référent", dussions-nous, comme le "bon" sens, ne voir dans le
rêve qu'absurdité précisément parce qu'il n'y a, en
son "dedans", rien de "vrai" en ce sens-là. Et pourtant même
l'effort d'en arriver à ça, effort qui n'est juste qu'un point de
départ précédant l'interprétation, cet effort,
dis-je, n'est pas vain, à titre - allons juste un pas plus loin que
FREUD! - d'"ancrage". Mais cela, comme le reste, ne sert que si
l'interprète (ou qui se veut tel) s'installe activement dans les
différentes "dé-formations" et leurs (sur-)déterminismes,
déformations ou déguisements que cet interprète ne saurait
retrancher du "contenu". Pour ce faire, qu'il y ait à côté
de la "censure" au moins un autre type d'"Entstellung" n'est pas- comme cela
apparaît au "positiviste! - quelque chose rendant le problème de
l'interprétation insoluble, mais bien au contraire! Toutefois cette
pratique - c'en est une! - devra déteindre sur le problème de la
vérification de ces "noyaux de vérité". Nous pouvons
déjà affirmer que ce sera certes autre chose que la convocation
d'un "référent".
Œuvres de la
période 1901-1910
Drei Abhandlungen zur
Sexualtheorie (1905) :
Le terme de /noyau/ ne peut manquer
de rappeler celui de "Kernkomplex der Neurosen", complexe nucléique des
névroses, dont on sait que c'est l'Œdipe (nommé tel en 1909).
Ici ce qu'on décrit est la fonction ou le fonctionnement dudit, sur -
typique! - deux voies: il y a assouvissement de composants de libido
refoulés ("Befriedigung verdrängter Libidokomponenten"), et il y a -
intéressant pour nous! - dessin préparatoire ("Vorlage", angl :
"pattern") ou modèle pour ces fantasmes nocturnes qui deviennent
conscients comme rêve. De la sorte, les rêves seraient
"Wiederbelebung solcher Phantasien, unter Einfluss von ... / Anlehnung an einen
aus dem Wachleben erübrigten Tagesreiz (Tagesreste)". A cette occasion,
FREUD énumère les 5 fantasmes typiquement pubertaires, auxquels
donc les rêves de cette âge insuffleraient une nouvelle vie: la vue
ou l'écoute de la relation sexuelle parentale, la séduction par un
personnage aimé, le retour au ventre matériel, la menace de
castration et le roman familial.
Les précisions sont
importantes par rapport à ce qu'on a dégagé de la
"Traumdeutung". Remarquons une fois de plus qu'un possible "noyau de
vérité" fût-il un "Kernkomplex" ou fût-il ce que
contient un rêve d'adolescent n'est pas quelque chose qu'on "atteint" (
comme la morsure atteint le noyau d'un fruit) pour le "constater", mais c'est
quelque chose dont on met les composantes en
oeuvre
Über infantile Sexualtheorien (1909) :
L'Œdipe maintenant nommé, "schibboleth" etc, est repris en
tant que "complexe nucléique des
névroses
Über einen besonderen Typus der
Objektwahl beim Manne (1910) :
Donne un exemple important de
"déni": le garçon a beau "connaître ou "savoir"..., "tout"
de la sexualité parentale; il pourra quand même dévaluer le
tout de cette connaissance : "les tiens peut-être, mais jamais mes parents
ne feraient ça"
Œuvres de la
période 1911 - début années
20
"Formulierungen über die 2 Prinzipien...."
(1911-12) :
Une "définition" du v et du f cette fois
appliquée à une "Vorstellung", une "représentation", une
"idée" selon l'usage cartésien de ce terme, et mention, enfin, de
la "Realitätsprüfung", à savoir le jugement impartial
("unparteiische Urteilsfällung") si quelque "Vorstellung" est, ou non, en
harmonie avec la réalité ("im Einklang mit der Realität").
Nous sommes bien obligés d'admettre ici à propos d'au
moins ces "idées", "Vorstellungen", où du tout le problème
se pose qu'elles renferment comme une référence à la
réalité, que toutes les "idées" ici concernées se
présentent immédiatement comme re-présentations de
réalités - nous verrons qu'il y en a d'autres! Et notons
aussi que l'ouvertement métaphorique "Einklang" vaut nettement mieux que
la philosophique "correspondance"! Bien sûr, pour nous, l'application des
termes /v/ et /f/ à des représentations, non à des
props,qui pour nous sont des "dits" ou des "dicibles", compte comme un sens
dérivé. Toutefois, une prop nous semble associer des
représentations conscientes, et nous rappelons que, selon "das Ich une
das Es", ce qui n'est pas conscient de prime abord peut le devenir par
association à des (restes de...) mots
Mais tout de
suite, FREUD précise que les fantasmes ne sont justement pas des
"réalités", ce qui ne les empêche pas de former des
symptômes. En somme donc l'analyste ne s'occupe pas de
"réalités", ce qu'il justifie par la formule comme quoi dans un
pays étranger, il faut bien se servir de la monnaie qui y a cours!
La métaphore est limpide! Il y va non pas
d'accéder à quelque "réalité" qui alors (une fois
l'accès garanti) serait à décrire impartialement pour ce
qu'elle "est en soi" ... Non, il s'agit, et cela même des fois en faisant
quasi-cyniquement usage de l'épreuve de réalité (cela
surtout si l'on en constate le ratage!), non du constat de ce qui est en soi
mais de la "valeur", du "sens" que des choses ont, des effets que ces "valeurs"-
et leurs "prix", leur "intérêt", - provoquent, et pour ce faire, il
faut bien procéder aux échanges qui ont lieu, lesquels
"échanges" sont ce qui se fait avec ces "valeurs". Un philosophe
à teinte positiviste, s'il confronte l'une de ces 2 phrases à
l'autre, ne peut que souliger qu'à propos des fantasmes (par exemple)
l'épreuve de réalité n'aurait aucun sens.
"Das Unbewusste" (Ubw) (1915) :
Nous
suivons les innovations orthographiques freudiennes en mettant pour les noms:
l'inconscient, la conscience, le préconscient: Ics, Cs, Pcs; pour les
respectifs adjectifs inconscient, conscient... : ics, cs, pcs.
Il n'est presque pas besoin de répéter qu'ici
FREUD précise entre autres que l'Ics ne respecte aucunément la
"réalité", en particulier l'aspect "temporalité" de cette
dernière.
Nous croyons FREUD suffisamment kantien pour qu'il
fasse implicitement la distinction lacanienne entre réalité et
réel. Bien sûr, c'est en principe "le même", mais la
réalité est à prendre comme le réel une fois
passé par ces facultés du su qui en font du dicible et du
connaissable. Pour nous, ce qu'on appelle /temporalité/ est une
boîte d'outils "a priori" contenant plusieurs "temps" = plusieurs
possibilités d'introduire des suites ou successions par rapport à
du supposé immobile, ce qui rend possibles plusieurs mises en ordre, et
laisse même des possibilités de jouer sur ces ordres pluriels en
passant subrepticement de l'un à l'autre. Il n'est évidemment pas
dit que, si le su in-forme la réalité, cette forme puisse
être entièrement transparente à ce même su qu'elle
contribue à constituer. Néanmoins, elle est partiellement
reconstructible et FREUD nous livre une de ces facultés conditionnant le
"jugement impartial":
L'Ics étant comme il est, FREUD
est contraint de sub-poser une "Aufmerksamkeit zur Aussenwelt", attention au
monde extérieur, sans quoi, dit-il, "können Realitätszeichen
nicht beobachtet werden" : les signes de réalité ne seraient pas
observables".
Voilà donc qu'en cours d'épreuve de
réalité, cette dernière n'est pas, comme on le croit, "vue"
directement! Il se trouve qu'elle est "lue"! Il se trouve que les
représentations auxquelles notre jugement fait subir cette épreuve
laissent "observer" des "signes". L'immédiatement observable: des
signes!
"Trauer und Melancholie" (1917) :
On revient à l'épreuve de réalité, plus
particulièrement à un possible "ratage" en cas de deuil: l'objet
aimé n'existe plus ("en réalité"!), mais il y a une grande
réticence à lui retirer l'investissement libidinal. Le plus
intéressant est que pour une fois s'énumèrent ce qu'on
considère momentanément comme "grandes institutions du Moi": une
"instance" critique séparée dite "conscience" ("Gewissen"), la
"censure" de la Cs, ... et l'épreuve de réalité.
Metapsychologische Ergänzung zur Traumlehre (1917-18) :
Deux phrases se confrontent d'une manière tout à
fait paradoxale : d'une part notre jugement serait capable "Wirklichkeiten von
noch so intensiven Vorstellungen und Wünschen zu unterscheiden. De l'autre:
le rêve ( et l'hallucination) apporte(nt) avec soi le
"Realitätsglauben". Illustration de la "régression": des
pensées ics oniriques régressent à des images
mnésiques de choses; des souvenirs refoulés de vécus, des
représentants ics de pulsions attirent des pensées saisies en mots
... C'est ici que FREUD développe des considérations sur
l'"Amentia", la psychose hallucinatoire de souhaits. Qui non seulement
amène des souhaits refoulés à la Cs, mais encore les
présente comme assouvis "unter vollem Glauben". Il précise: ce
n'est pas de devenir cs que ces souhaits sont pris pour réalités,
car là notre jugement n'est pas impuissant! Mais - rappel peut-être
de thèses métapsychologiques énoncées dans
l'"Esquisse..." - le "Realitätsglauben" est lié à la
perception sensible. Qu'une pensée régresse jusqu'à des
traces mnésiques ics et que de là elle bute sur de la perception
ou traces de celle-ci, et voilà que nous reconnaissons la perception de
cette pensée comme "real". A vrai dire, il faut encore une
hypothèse auxiliaire pour expliquer que pas toutes les régressions
de ce genre ne donnent lieu à des hallucinations qui font rater
l'épreuve de réalité. Il faut encore supposer
qu'exceptionellement l'investissement du système Bw qui est ici le
système W se fait de l'intérieur.
On voit que
FREUD se livre à une spéculation vraiment échevelée
pour expliquer comment, exceptionellement, il se fait que la faculté de
jugement soit mise en sommeil.
Œuvres majeures du
début des années 20, "Jenseits des Lustprinzips", "Das Ich und das
Es" ...
Nous en restons à l'apparent paradoxe! A la
tâche propre du Moi qui serait la "maîtrise de la
réalité", "Bewältigung", répond l'exception d'une
"Ich-Überwältigung".
Intéressant type
d'échange entre le su et le monde (tant "extérieur" qu'
"intérieur" !
De 1925 à
1935
Die Verneinung (1925) :
Nous avons
déjà signalé une certaine incertitude (qui nous semble
préoccuper davantage les commentateurs que FREUD lui-même!) quant
à l'attribution de la fonction de "Realitätsprüfung" au Moi, au
Surmoi, ou aux deux. Ici, FREUD spécule de nouveau sur, en
général, la genèse d'une "fonction intellectuelle" (nous
supposons que le jugement impartial en fait partie) à partir du jeu des
motions pulsionnelles primaires. L'essentiel est (et c'est une vieille
idée!) la possibilité d'un "Denkaufschub", une "remise ou
suspension de par la pensée" qui ferait en sorte que la perception
("Wahrnehmung") ne fût point purement passive (Cette
généralité est philosophiquement une trivialité! ), puisque, dit-il, le Moi expédie de petites quantités
d'investissement dans le système perceptif ("W", "Wahrnehmungssystem"),
les retire, et goûte ("verkostet") des stimuli ("Reize") externes. Cette
tout à fait essentielle (et convaincante parce que cela se
reconnaît dans l'expérience d'un chacun, les philosophes disent
"distanciation"!) préparation à la mise en œuvre de
l'action intellectuelle (le jugement, disons! ) décide du choix de
l'action motrice (autrefois appelée "spécifique" ) mais
paraît rendre extrêmement difficile à réaliser le
programme spéculatif annoncé: genèse de cela à
partir du jeu des pulsions primaires. Quoi qu'il en soit,
rétrospectivement, cela paraît faisable, puisque dans les jugements
effectivement produits on peut reconnaître la polarité des pulsions
et le principe de plaisir "Lustprinzip", PdP) : ce serait la tendance à
l'intégration dans le moi ("Einbeziehung ins Ich", "in mich
einführen") qui évoluerait vers les substituts que seraient "union"
("Vereinigung") puis "affirmation" ("Bejahung"); et le "rejet hors du moi"
("Ausstossung") aurait pour successeurs le déni ("Verneinung") et la
destruction. Cela commence par "Das will ich essen" VS "Das will ich
ausspucken". Cela aboutit à une description de la fonction de jugement,
dont les fins seraient ou d'attribuer ("zusprechen")/refuser ("absprechen") une
qualité à une chose, ou attribuer/refuser à une
représentation l'existence en réalité. Regard sur le
rapport entre ce qui se trouve dans une "Vorstellung" et la
réalité: ce qui est dans la première peut-il se retrouver
dans la seconde? D'où la fin de l'épreuve de
réalité: il ne s'agit pas (d'abord, "zunächst") de trouver
quelque chose de "correspondant" ("ein Entsprechendes") à la
représentation dans la "perception ré-ale". Il s'agit de le
RE-trouver!
Ainsi donc FREUD récuse lui aussi la
"correspondance", laquelle donc, si on l'admettait, supposerait que le su puisse
se placer lui-même hors à la fois de ses représentations et
de ses perceptions censées ré-ales, mettre les unes et les autres
à distance, tirer entièrement l'épingle du sujet du jeu, ce
qui suspendrait toute activité y compris verbale de ce su et donc
l'annulerait, et puis "comparer". Cela est absurde quoique cartésien! En
fait l'activité jugeante, pièce centrale de l'épreuve de
réalité, est du type du jeu qui cherche et RE-trouve. FREUD nous
livre une bonne raison pour préférer le "Einklang" à la
"correspondance", comme nous l'avons fait ci-dessus.
Die
Zukunft einer Illusion (1927):
Rappel d'abord de ce qu'auparavant
nous signalions à titre de complexification: dans les
représentations religieuses, il n'y a pas que - c'est trivial! -
l'assouvissement de souhaits, il y a aussi - nous voici proches des "noyaux de
vérité" - de significatives réminiscences historiques. On
ne saurait les atteindre "simplement", puisque la tactique courante est celle
non point de réprimer des "Triebansprüche" par du travail spirituel,
mais de les dompter par des actes de refoulement. D'où la formule qui
choquera: la religion serait "die allgemein menschliche Zwangsneurose", nous
traduisons non sans malaise: la commune humaine névrose obsessionnelle".
Les restes historiques, les reliquats névrotiques ... en somme font
problème. Seraient-ils à "remplacer" moyennant travail
intellectuel-rationnel? Il faut au moins tenir compte des si nombreuses
déformations que cela a subies. L'analogie que FREUD produit est
significative, bien que peu familière à des lecteurs francophones.
Les déformations caractérisant les représentations
religieuses par rapport aux "restes" historiques qu'elles contiennent se
comparent à ces contes rassurants, et pourtant significatifs,
racontés à propos de la sexualité: c'est la cigogne qui
apporterait les bébés...
Sachant que les
représentations sont à la fois extrêmement
déformées, mais cependant contiennent des pépites, on voit
qu'il n'y a à proprement parler aucun intérêt à les
examiner "purement", en elles-mêmes, telles qu'elles se présentent,
de même qu'il n'y a aucun intérêt à
répéter inlassablement le conte de la cigogne. Il y a à
interpréter ces représentations (ou ce conte) pratiquement afin
d'en dégager la valeur proprement pratique, à quoi servent les
hypothèses qui tentent d'en cerner la genèse, p.ex. le trait
obsessionnel reconnaissable.
Über weibliche
Sexualität" (1931) :
Un rappel d'un autre "noyau":
l'Œdipe comme complexe nucléïque des névroses. Ici FREUD
va jusqu'à proposer deux possibilités - pas d'obligation de s'y
rallier! - de contester le caractère nucléïque de ce complexe
(à propos de la petite fille). On aurait alors deux termes d'une
alternative: l'Œdipe renfermerait le rapport aux deux parents, ou alors la petite fille aurait d'abord un Œdipe négatif
(le père n'étant alors que, juste, un rival embêtant
"lästig"), ensuite seulement un Œdipe positif.
Nous
oserons remarquer que le premier terme de cette alternative nous paraît
être passé depuis dans le discours le plus courant: l'Œdipe
est habituellement pris comme relation triangulaire où il y a toujours
deux contre un ...
Zur Gewinnung des Feuers (1932) :
Il y va cette fois du noyau historique du mythe (celui de
Prométhée!), lequel mythe renfermerait aussi des
éléments purement fantasmatiques à côté du
noyau historique. Ce noyau consisterait en la défaite de la vie
pulsionnelle de par le renoncement ("Triebverzicht") devenu nécessaire.
Voilà pourquoi de cela il y aurait deux morceaux ("Stücke"): le
thème du sacrilège ("Frevler") puni, et l'assurance qu'au fond il
n'a malgré tout rien réussi.
C'est ici que FREUD
est on ne peut plus clair pour expliquer que, si d'histoire il parle, de quel
genre d'histoire il s'agit. Cela compris, se comprend également que ce
"noyau historique" est bien un noyau de vérité, de
vérité historique au sens freudien! Nous disons
"vérité" parce que FREUD l'oppose à des
éléments dits "rein fantastisch", et nous considérons comme
"vérités historiques" et le thème du sacrilège puni,
et la "Versicherung" que le "crime" n'a en fait rien rapporté. Cela veut
dire que la "vraie" histoire freudienne ne se limite pas à la
réalité "matérielle" de ce qui s'est effectivement
passé, mais inclut la réalité "psycho-sociale" de ce que ce
qu'a signifié ce qui s'est passé. L'effort de dégager la
seule réalité "matérielle": "bloss sagen was gewesen ist"
(Leopold von Ranke, historien) n'est pas vain parce que servant
éventuellement à voir les éléments "purement
fantasmatiques", "rein fantastische", qui seraient des ornements individuels
apportés à l'histoire; mais cela est incomplet! L'essentiel est
de suivre la procédure, la pratique, ... des "Entstellungen", et pour
cela il faudrait en connaître les lois du fonctionnement ... Ce que
résumeront en définitive les mots de "Zwang" et "Zwangscharakter"
...
Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse.
Neue Folge (1933-35) :
Ce texte est de tous le plus radicalement
antireligieux, puisque cette fois le "contenu de vérité",
"contenu" à défaut de "noyau"..., de la religion est loisible
d'être complètement négligé. Ce "contenu", tel que le
décrit le texte, paraît bien être d'une part non point une
"histoire" racontée, mais ce que la religion est censée
réussir en comparaison à la science, et d'autre part paraît
du ressort d'un type de Vérité avec majuscule. La religion ne peut
aboutir à la "Bewältigung der Realität", et lorsque, face
à la science elle prétend livrer une Vérité plus
haute, l'homme du commun ne suit pas, et FREUD non plus. C'est alors à
propos de la science que FREUD cerne de nouveau ce qu'il entend par
"vérité", en deux formules qui ont un air de réalisme
philosophique: "conformité (Übereinstimmung) avec la "Realität"
dont il est affirmé qu'elle est hors de nous, indépendante de
nous, et "massgebend für Wunscherfüllung". L'autre formule est
"Übereinstimmung mit Wirklichkeit", et là FREUD montre bien qu'il
parle "pratique" : il évoque l'exemple de la construction de ponts. La
thèse freudienne telle qu'il l'expose en public s'oppose
particulièrement à un "anarchisme", par quoi il entend
l'affirmation qu'il n'y a pas de vérité du tout. Une remarque sur
cette construction d'un "pont" assez particulier qu'est à ce moment
l'expérience "marxiste": Freud pense qu'on s'y est livré trop
tôt. En tous cas, jamais la psychanalyse ne livre de la
"Weltanschauung"...
Avec le "réalisme philosophique" des deux
premiers traits de la "Realität" FREUD a en vue surtout les sciences de la
nature, dont on pourrait se demander si elles vont jusqu'à même
prétendre réaliser cette maîtrise qu'en vain tente de
fournir la religion. Le 3e trait fait allusion à la psychanalyse, qui
peut-être en quelque sens aurait cette prétention. FREUD semble
donc bien assumer pour son compte une thèse générale comme
quoi la vérité signifie conformité à la
réalité, qu'elle soit nature ou histoire. Après la 2e
formule, FREUD insiste sur le côté pratique. Il n'y va pas de
mettre à distance à la fois la réalité
extérieure indépendante, et les représentations
pensées ou dites de cette réalité pour jugerà partir
d'un impossible lieu du dehors de la conformité des secondes à la
première. On jugera, si faire se peut (mais ça ne se peut pas
toujours...) activement, pratiquement, du dedans.
Der
Mann Moses und die monotheistische Religion (1934-38)
Nous
trouvons ici littéralement l'expression "noyau de vérité".
FREUD pointe la différence entre vérité matérielle
et vérité historique. Il signale enfin que les restrictions
symptomatiques du Moi comme les modifications stables du caractère ont le
"Zwangscharakter".